Le futur de l’agroéquipement « made in France » en 9 recommandations

Raphaël Lecocq

Le futur de l’agroéquipement « made in France » en 9 recommandations

A la demande du ministère de l’Agriculture, Irstea a rédigé un rapport axé l’adéquation du matériel avec l’agroécologie et sur la compétitivité de la filière française. Un colloque de restitution sera organisé le 24 février dans le cadre du Sima.

Les 9 recommandations du rapport de l’Irstea

La mission confiée à Irstea, qui a réuni toutes les parties prenantes de la filière agroéquipement (experts scientifiques, professionnels, pouvoirs publics, acteurs de terrains…) a permis de formuler les 9 recommandations suivantes.

1. Co-concevoir les systèmes agricoles et les équipements de la transition agro-écologique, dans l’objectif de répondre aux enjeux de la transition agro-écologique.

2. Développer la robotique agricole, vecteur de sécurité et de confort au travail, de performance sociotechnique et de moindre impact sur l’environnement.

3. Préparer l’ « agriculture numérique », ou « agriculture à base de données », indispensable à des processus de production plus précis et plus adaptables au changement (via la génération de connaissances agronomiques nouvelles).

4. Clarifier l’écosystème de l’innovation, afin de la rendre plus accessible aux entreprises de l’agroéquipement et de favoriser les échanges et transferts entre secteurs industriels connexes (véhicules industriels, automobile).

5. Rendre l’innovation en réseau plus attractive, d’une part en accompagnant sa genèse, d’autre part en facilitant l’accès au marché des produits innovants via des processus de labellisation.

6. Rapprocher la formation des besoins du secteur, afin de mieux répondre aux besoins de recrutements d’un point de vue quantitatif (rendre plus attractifs les métiers et formations de l’agroéquipement) ou qualitatif (ouverture à l'international).

7. Structurer les moyens nationaux d’expertise et d’essais afin de garantir, en France, l’accès à des moyens d’essais et à une expertise pour accompagner le développement d'agroéquipements.

8. Améliorer la présence internationale, l’avenir de la filière industrielle résidant en partie dans sa capacité à investir les marchés étrangers.

9. Constituer un comité stratégique de filière, indispensable pour assurer la cohérence de l’ensemble de ces mesures, en incluant tous les acteurs du secteur. 

En matière de production d’agroéquipements, la France occupe le troisième rang européen derrière l’Allemagne et l’Italie. Une position qui ne reflète pas tout à fait la hiérarchie des puissances agricoles en présence, la France étant leader en Europe, mais qui n’en est pas moins très honorable. A un paramètre près : celui de la balance commerciale. En 2013, quand l’Allemagne et l’Italie réalisaient un excédent commercial respectif de 6 et 3,6 milliards €, la France accusait un déficit de 1,6 milliard €.

Ces chiffres avaient été communiqués par Axema, l’Union des industriels de l’Agroéquipement, au printemps 2014, au moment où le ministère de l’Agriculture confiait à l’Irstea, l’Institut de recherche en sciences et technologies de l’environnement et de l’agriculture, auquel le ministère de l’Agriculture a commandité une étude, sur les forces et faiblesses de la filière française. Le rapport n’esquive pas la question de la compétitivité du secteur à travers au moins l’une de ses recommandations (voir encadré).

Double performance

L’essentiel du rapport concerne néanmoins l’évolution de l’offre d’agroéquipements en lien avec les impératifs de durabilité des systèmes, qu’il s’agisse de la préservation des ressources (sol, eau, intrants, carburant..) et de la diminution des impacts environnementaux (pesticides, engrais, gaz à effet de serre…) et qui ne nuira pas à l’export, soit dit en passant.

Un premier chapitre trace des perspectives d’évolution pour les agroéquipements qui sont déjà identifiables en réponses aux enjeux de la double-performance économique et environnementale. Ces perspectives peuvent reposer sur des innovations incrémentales ou des innovations technologiques de rupture. Dans un deuxième chapitre, Irstea  aborde sous un angle plus intégrateur certaines pistes d’innovation, en rupture avec les modèles actuels, pouvant contribuer à la refondation du modèle des agroéquipements à long terme.

 

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