Le goutte à goutte enterré s’invite en grandes cultures

Raphaël Lecocq

Seul un système de purge émerge en bout de ligne d’une installation enterrée

Développé depuis quelques années en vignes et vergers, le goutte a goutte enterré intéresse aussi la grande culture

80 % des surfaces irriguées par aspersion

Selon le recensement agricole 2010, la surface irrigable s’élève à 2,3 M ha, soit  9 % de la Sau. Toujours en 2010, la surface irriguée s’élève 1,6 M ha, soit 6 % de la Sau. L’irrigation concerne 74 000 exploitations. Le maïs grain et le maïs semence concentrent 41 % des surfaces irriguées, devant le blé tendre (8 %), le maïs fourrage et autres cultures fourragères (7 %), les légumes frais, fraises et melons (7 %), les vergers et petits fruits (6 %), le blé dur (5 %) etc. Les techniques par aspersion représentent 80 % des pratiques. La micro-irrigation reste encore limitée (5 %) mais en progression.

En matière de ressource en eau, les tensions entre usages et entre usagers ne devraient pas s’estomper dans les années à venir. Selon l’Agence de l’environnement et de l’énergie (Ademe), afin de compenser les effets du réchauffement climatique, les besoins en irrigation devaient croître de 30 % d’ici à 2050. En garantissant une économie d’eau de 20 %, le goutte à goutte enterré pourrait résoudre une bonne partie du problème. 20 %, c’est le gain réalisé comparativement à une installation de goutte à goutte de surface. Autant dire que par rapport aux systèmes par aspersion (couverture intégrale, canon, pivot), de loin les plus utilisés (voir encadré), le goutte à goutte enterré a de la ressource !

3000 à 5000 €/ha

La technique repose sur l’enfouissement à environ 30 cm de profondeur de graines en plastique sur lesquelles sont des distribuées des goutteurs dotés d’un siphon anti-retour pour éviter les problèmes de bouchage. Des systèmes de purge en bout de parcelle permettent d’assurer l’entretien du réseau. En vigne set vergers, les gaines sont disposées de part et d’autre du rang. En grandes cultures, elles peuvent être calées sur l’écartement inter-rang des espèces monograine, mais les parcelles ainsi équipées peuvent très bien recevoir du blé. Outre les économies d’eau, le goutte à goutte enterré permet d’accélérer la croissance des jeunes plantations, de pratiquer la fertirrigation, d’économiser de la manœuvre (manutention et entretien des systèmes aériens), de favoriser l’entretien mécanique tout en éliminant le développement des adventices. Selon la configuration de l’installation, l’investissement s’élève entre 3000 et 5000 €/ha hors pose.

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