Le Sima, salon des machines agricoles ou l'autre salon de l'agriculture

Le Sima, salon des machines agricoles ou l'autre salon de l'agriculture

Le Sima, salon international des machines agricoles, se tiendra comme tous les deux ans en parallèle du salon de l'agriculture à Villepinte, au nord de Paris, avec son lot d'innovations, de la cabine avec vue XXL ...au robot qui désherbe tout seul.

Le salon de l'agriculture est la vitrine grand public du monde agricole. A l'inverse, le Sima est un rendez-vous prisé des professionnels, et au passage le plus grand salon du genre en France. Au rayon de "l'agrotic" (contraction d'agriculture et nouvelles technologies), le constructeur français Carré montrera son robot de binage "Anatis". Il signe le grand retour du désherbage mécanique, une bonne façon de limiter l'usage de pesticides tout en optimisant l'arrosage. L'engin collecte en outre un certain nombre de données (densité et développement du végétal, luminosité, hygrométrie...) permettant d'aider l'agriculteur dans sa décision de traiter ou pas. Autre grosse thématique cette année: le confort et la sécurité de l'utilisateur. Ainsi l'allemand Claas exposera sa cabine panoramique dotée d'un pare-brise de près de 2,50 mètres qui court du plancher au toit ! Le français Berthoud a lui mis au point un dispositif de chargement de pesticides sans aucun contact avec l'opérateur, une avancée importante pour la santé des agriculteurs alors que le Parkinson a par exemple été récemment reconnu maladie professionnelle.   Enfin, la rentabilité reste évidemment au coeur de l'innovation. Ainsi l'américain John Deere a mis au point un semoir à grande vitesse qui peut semer jusqu'à 20 km/h, contre 7 km/h en moyenne habituellement.

Le salon, qui se tiendra du dimanche 22 au jeudi 26 février au parc des expositions de Villepinte, accueillera 1.740 entreprises présentes, venant de plus de 40 pays, soit 25% d'exposants de plus qu'en 2013, se félicitent les organisateurs.

Coup de frein

Pourtant, le monde de l'agroéquipement traverse une mauvaise passe depuis un peu plus d'un an. En 2012 et 2013, le secteur avait connu des taux de croissance insolents, la flambée des cours des céréales donnant de confortables capacités d'investissements aux céréaliers.   Depuis, les cours se sont retournés et le marché français de l'agromachinisme a en conséquence reculé de 10% en 2014, à 5,4 milliards d'euros. "Le marché va moins bien même si le secteur a les reins plus solides qu'en 2009", précédente grande crise, explique Martine Dégremont, directrice du salon. Pour 2015, "on s'attend encore à une baisse de 10%" même si "ces dernières semaines les cours ont enrayé leur repli, donc on a peut-être atteint un plancher", analyse Elodie Dessart, économiste d'Axema, organisation professionnelle qui regroupe les agroéquipementiers.

L'Union européenne est le premier producteur mondial de machines agricoles, devant les Etats-Unis et la Chine, avec un chiffre d'affaires d'environ 40 milliards. La France est le troisième producteur du continent avec 540 entreprises, en majorité des PME, 2.000 distributeurs, représentant au total plus de 40.000 emplois. Toutefois, il reste en déficit commercial (-1 milliard en 2014) notamment parce qu'aucun constructeur sur le sol français ne produit de moissonneuse-batteuse, un comble pour la France qui est le premier producteur de céréales d'Europe. La filière, qui souffre d'un déficit d'images, est par ailleurs en difficulté chronique de recrutement avec 5.000 à 7.000 emplois non pourvus.

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