Le strip-till implique-t-il de repenser entièrement les pratiques de travail du sol ?

Benoit MOUREAUX

Le strip-till implique-t-il de repenser entièrement les pratiques de travail du sol ?

Que ce soit en rotation céréalière, en polyculture-élevage ou encore en monoculture de maïs, le strip-till s’intègre dans les différents systèmes de production. Damien Brun, ingénieur chez ARVALIS-Institut du végétal, revient sur quelques principes fondamentaux de cette technique.

Perspectives Agricoles : Quels sont les impacts du strip-till sur le choix des dates d’intervention ?

Damien Brun : La pratique du strip-till repose sur l’observation et l’adaptation des interventions au contexte de chaque parcelle. L’objectif principal est d’obtenir un maximum de terre fine. Le strip-till fonctionnera d’autant mieux que la consistance du sol est friable. Un sol plastique, voire semi-plastique rend impossible tout travail de strip-till. De ce fait, en présence d’un sol léger, l’intervention pourra avoir lieu de quelques semaines à quelques jours avant le semis. Dans le cas d’un sol lourd, l‘intervention doit être envisagée dès la fin d’été. En situation nécessitant l’implantation de couverts végétaux, le passage doit être anticipé sous peine de ne plus trouver de fenêtre de travail. La solution peut consister à passer le strip-tiller avant le semis du couvert ou en végétation.

P.A. : Une transition est-elle nécessaire ?

D.B. : Dans la grande majorité des cas, l’introduction du strip-till dans l’itinéraire technique intervient en remplacement du labour ou du pseudo-labour, pour des raisons de gain de temps et de carburant. D’autres ont aussi recours au strip-till, après avoir mis en place le semis direct, pour sécuriser l’implantation des cultures et gagner en marge de manœuvre. Dans tous les cas, un minimum d’apprentissage est nécessaire pour maîtriser la technique, réalisée le plus souvent en un seul passage. Une reprise superficielle peut néanmoins être intéressante en cas d’évolution insuffisante de la bande de terre durant l’hiver. Il est recommandé d’avancer par étapes et de bien appréhender les fondamentaux que sont les dates de passage, l’affinement de la bande de terre etin fine la réussite du peuplement de la culture. Une attention particulière devra être apportée aux réglages du matériel, néanmoins facilités sur les équipements récents. Le matériel de semis devra être adapté pour compléter l’émiettement de la bande de terre.

P.A. : Peut-on se passer totalement du travail en plein pour l’implantation du maïs ?

D.B. : Le strip-till se définit par un travail du sol localisé de la future ligne de semis. Cela implique donc qu’il faut accepter de ne plus intervenir en plein à priori. Cependant, cette solution peut être nécessaire dans certaines situations, que ce soit pour des raisons techniques ou réglementaires, comme l’enfouissement des résidus organiques ou le mulchage. Dans ce cas, le travail en plein doit rester superficiel et ne pas dépasser 5 cm de profondeur.

P.A. : La fertilisation azotée localisée est-elle envisageable ?

D.B. : ARVALIS travaille actuellement sur la localisation de la fertilisation azotée minérale en strip-till afin d’adapter les données au contexte français, pas toujours comparable à celui des autres pays comme les États-Unis, pionniers dans ce domaine. Il s’agit de déterminer si cette technique présente bien un intérêt en France en culture de maïs et de définir la forme d’engrais qui convient ; l’apport ayant lieu avant le semis alors que les besoins de la plante augmentent à partir de 6-7 feuilles. Par la suite, l’étude sera étendue à la fertilisation organique, courante au Danemark, aux Pays-Bas ou encore en Allemagne, en lien avec le développement de la méthanisation, et en vue de limiter les pertes par volatilisation.

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