Les Entrepreneurs des territoires veulent séduire les jeunes

Raphaël Lecocq

Travailler certes, mais ne pas oublier de communiquer

Les 23000 entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers embauchent chaque année 5000 à 6000 salariés. Pour se développer sinon pour compenser les départs en retraite. Mais elles peinent à séduire les jeunes.

« Dans un département comme la Haute-Loire, les agriculteurs se spécialisent toujours davantage, les exploitations grandissent et la main d’œuvre disponible est toujours moindre. Le tout fait que les entreprises de travaux agricoles sont de plus en plus sollicitées. C’est évidemment une marque de reconnaissance et une satisfaction pour nos entreprises. A un détail près : nous avons nous-mêmes des difficultés à recruter du personnel et donc à satisfaire la demande ». Ainsi s’exprime Philippe Monplot, président de la Fédération départementale des entrepreneurs de Haute-Loire. Ce département n’est pas un cas isolé. Au plan national, les prestataires de travaux agricoles, ruraux et forestiers sont aujourd’hui au nombre de 23000, employant 73000 salariés. Leur nombre et leur activité progressent régulièrement. La délégation de chantiers par les exploitations agricoles est en effet en développement. La spécialisation des ateliers, la raréfaction de la main d’œuvre familiale et l’augmentation du coût des machines font des prestataires une composante toujours plus indispensable de la stratégie de mécanisation et de l’organisation du travail. Au plan national, les entreprises sont amenées à recruter, dans la période actuelle, entre 5000 et 6000 salariés par an, pour compenser les départs en retraite sinon pour assurer leur développement. Pourquoi les jeunes ne répondent-ils pas suffisamment à ces offres d’emplois ?

Diversité, modernité

Pour le savoir, la Fédération nationale des entrepreneurs de travaux (FNEDT)  a fait réaliser par le cabinet Epsy une enquête nationale auprès des jeunes en formation agricole. 957 d’entre eux ont répondu au questionnaire, dont un sur deux n’est pas issu d’une famille agricole. 67,8% des répondants connaissent les entreprises de travaux agricoles mais leurs métiers et leur univers sont jugés moyennement attractifs. 34,6% des répondants connaissent les entreprises de travaux forestiers. 70% des jeunes interrogés déclarent avoir envie de travailler dans la filière des travaux agricoles et forestiers mais les demandes de stages sont insuffisantes. Pour 30% des jeunes en formation agricole, les entreprises sont très formatrices et sont une première étape, par le biais du salariat, pour leur permettre d’acquérir un savoir-faire utilisable ensuite dans d’autres filières professionnelles. 49% d’entre eux pensent créer ou reprendre une entreprise d’icià moins de cinq ans. Les jeunes qui s’orientent dans les entreprises de travaux agricoles et forestiers sont motivés par la passion, la diversité des machines, la satisfaction des clients. Pourquoi travailler dans une entreprise? Pour la polyvalence et la diversité des activités, avant la mécanique et la technologie. Pourquoi ne pas travailler dans une entreprise ? Les freins classiques sont la pénibilité, la durée du travail et l’amplitude des horaires même si, pour 67,3%, il est possible de concilier vie personnelle et professionnelle. « Nos entreprises et notre fédération devons communiquer sur la diversité de nos activités et la modernité de nos métiers, souligne Gérard Napias, président de la Fédération nationale des EDT. Nous devons nous faire mieux reconnaître auprès des centres de formation et d’orientation. Nous devons afficher notre image de professionnels auprès des instances institutionnelles, des collectivités territoriales et bien entendu auprès de la clientèle ».

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