Mécanisation : Du high-tech au low cost

CER FRANCE, Gérer pour Gagner

Dans un contexte de crise et de maîtrise des coûts, la mécanisation “low-cost” peut représenter une vraie alternative pour des agriculteurs en quête de simplicité, de fi abilité et de rentabilité.

L'agriculture des 50 dernières années s'est caractérisée par le poids financier de la mécanisation. L'intensification de la production d'abord, la diminution de la maind'oeuvre dans les fermes ensuite, puis la forte augmentation des tailles d'exploitation, ont nourri le dynamisme de l'industrie de la construction de machines agricoles, principalement en Europe.

De nombreux observateurs estiment que les soutiens publics à l'agriculture, notamment les aides directes, ont beaucoup bénéficié à cette industrie plutôt qu'à consolider la situation financière des agriculteurs. Un jeu de vases communicants en quelque sorte.

Un décalage total

Les constructeurs ont visé une stratégie unique, d'ailleurs souvent plébiscitée par les agriculteurs, avec du matériel toujours plus grand, toujours plus sophistiqué, toujours plus technologique. Les salons agricoles en témoignent, à l'image du dernier SIMA qui a surpris les visiteurs par le gigantisme et la sophistication des matériels exposés.

Pour les acteurs extérieurs au milieu agricole, le décalage est total. Comment un secteur dit en crise peut-il affi cher une telle offre d'équipements hightech? Il est aussi légitime de se demander si cette offre n'est pas en décalage avec les conditions économiques des exploitations, tout comme avec l'évolution de leur conduite. L'apparition, depuis une dizaine d'années, d'alternatives comme les techniques culturales simplifi ées, modifie la demande et les besoins des producteurs.

L'évolution vers une maîtrise accrue des coûts de production, voire vers des logiques d'exploitation à faible niveau de dépenses, doit nous engager à repenser toute la politique de mécanisation. Pourtant, force est de constater que les constructeurs ont peu anticipé ces nouveaux comportements des agriculteurs, s'éloignant même souvent de la réalité du fonctionnement des exploitations.

Changer de logique

À quand le tracteur “low cost” à l'instar de ce que Renault a initié dans l'automobile? Les nouveaux producteurs en quête d'alternatives sont sensibles à la logique du moins cher, moins sophistiqué, plus simple, plus adaptable et plus fiable. Les entrepreneurs de travaux agricoles expriment la même demande.

Cette logique se retrouve dans les grands pays agricoles concurrents de la France. Ainsi, les agriculteurs français en visite dans les fermes brésiliennes sont surpris par la simplicité des matériels et leur vétusté. Ces derniers sont utilisés au maximum de leurs possibilités pour ne les renouveler qu'en fin de vie. Cette stratégie vaut également pour le secteur industriel. N'oublions pas que les investissements en mécanisation ont des impacts majeurs sur la performance financière des exploitations.

La nouvelle politique agricole qui s'annonce en 2013 ne va pas dans le sens d'une augmentation inconsidérée des dépenses de machinisme. Pourtant, les offres commerciales alternatives (leasing, location longue durée…) sont relativement peu développées dans le secteur agricole, comparé à l'artisanat
ou aux PMI.

Comme pour les biens d'équipement des ménages, les constructeurs européens vont devoir repositionner leur gamme et, surtout, l'élargir vers des produits ultra compétitifs. Dans le cas contraire, certains agriculteurs pourraient s'orienter vers d'autres marques. Les visiteurs du
dernier SIMA ont découvert les offres relativement attractives des constructeurs asiatiques. Les équipements proposés doivent encore faire la
preuve de leur fiabilité. Mais l'histoire nous a enseigné que les Coréens et les Chinois apprennent vite… Très vite.

Source CER FRANCE, Gérer pour Gagner

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