Médaille d’Argent pour l’Ifv, Irstea et le banc EvaSpayViti

Raphaël Lecocq

EvaSpayViti, une vigne artificielle pour traiter plus naturellement
Irstea-Ifv

Le banc de pulvérisation reproduit une vigne artificielle et permet de jauger la qualité d’application selon de nombreux paramètres. Un levier technique, économique et environnemental considérable pour la filière. Médaille d’Argent au Sitevi.

L’Institut français de la vigne et du vin (Ifv) l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’agriculture et l’environnement (Irstea) ont mis au point avec EvaSprayViti  une vigne artificielle.  Celle-ci offre  une mesure objective de la pulvérisation et permet ainsi de tester les performances de différents matériels de pulvérisation. Ce banc d’essais reproduit artificiellement 4 rangs de vigne de 10 m de long chacun. Il est composé de collecteurs mimant les feuilles de vigne pour la quantification des dépôts sur la végétation et de bancs de bordure destinés à simuler une longueur de vigne suffisante pour limiter les effets de bordure et permettre notamment l’évaluation des dépôts sur le sol. Illustration en vidéo ( http://www.youtube.com/watch?v=nAqYak8Em4g&feature=player_embedded).

Banc modulable

Trois configurations différentes du banc correspondant à trois stades végétatifs de la vigne (début, milieu et pleine végétation) permettent de tester les pulvérisateurs selon l’évolution de la végétation. En fonction des différents stades de développement de la vigne, les quantités de produit déposées sur les feuilles peuvent-être mesurées ainsi que la répartition du produit sur le végétal et les dépôts au sol. EvaSprayViti permet de quantifier en conditions contrôlées et répétables la part de produit réellement déposée sur le végétal, sa répartition et les pertes environnementales (sol, air). Modulable, le banc peut être reproduire différentes configurations de vignobles (espacement entre rangs, épaisseur, surface foliaire…) et prendre en compte de nombreux paramètres (vent, température, types de pulvérisateurs et de diffuseurs, volumes/ha, précision des réglages…) avec toutes les exigences requises en matière de précision, de fiabilité  et de répétabilité.

De la dose/ha à la dose/biomasse ?

La vigne artificielle ouvre un champ d’exploration considérable pour faire progresser la qualité d’application dans les cultures pérennes. Du fait de leur architecture spatiale, qui plus est évolutive en cours de saison, la vigne mais aussi les vergers posent de véritables défis techniques en matière de maîtrise de la dérive. Des études montrent que 20 à 70 % des volumes appliqués peuvent manquer leur cible selon les stades, les matériels en usage et les réglages. La rapidité et la fiabilité d’un passage au banc vont permettre de pointer le phénomène, ouvrant la voie à des corrections, tant au niveau de la conception des appareils et que de leur utilisation. La vigne artificielle porte aussi en germe un autre champ d’expérimentation, relatif aux doses appliquées. EvaSpayViti devrait en effet permettre d’expérimenter la notion de dose par volume foliaire, en lieu et place de la dose cadastrale (l/ha ou kg/ ha) qui prévaut actuellement. Un chantier expérimental que l’Ifv a ouvert il y a quelques années avec le programme Optidose, un outil d’aide à la décision visant à optimiser l’usage des produits phytosanitaires en fonction des risques phytosanitaires, d’un diagnostic de performance du pulvérisateur, d’une appréciation de la biomasse et des conditions de dépôts des produits de traitement.

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