Moissonneuses-batteuses : Barres de coupe plus larges mais plus exigeantes

Gaëtan Coisel

L'augmentation des largeurs de coupe valorise le potentiel des moissonneuses-batteuses à gros débit. Des contraintes techniques et pratiques accompagnent cette évolution.

Les barres de coupe jouent un rôle essentiel quant à l'alimentation de la batteuse. « Une grosse machine avec une coupe de petite taille n'amènera jamais à un bon résultat, note Philippe Miroux, responsable moissonneuses-batteuses chez Claas. Une coupe de grande largeur, si elle diminue la vitesse d'avancement, permet de toujours atteindre le potentiel maximum de la machine, ce que ne permettra jamais une petite coupe. D'où l'intérêt de toujours opter, dans la mesure du possible, pour la coupe la plus large. » La dimension de la coupe est en partie à raisonner en fonction du parcellaire et de la vitesse d'avancement de la machine au travail.
Pourtant, bon nombre de constructeurs n'ont pas encore dépassé les dix mètres de large. Le poids, les phénomènes de flexion, le diamètre de la vis d'alimentation et la cadence du lamier… sont autant d'éléments qui peuvent poser souci sur des grandes largeurs. Philippe Miroux précise, « chez Claas, nous avons développé un système à palier central pour la vis d'alimentation, limitant au maximum les flexions ».

À partir d'une certaine largeur de coupe, il est plus difficile d'obtenir une répartition homogène des résidus de broyage. (Case IH)

À partir d'une certaine largeur de coupe, il est plus difficile d'obtenir une répartition homogène des résidus de broyage. (Case IH)

Optimiser l'alimentation

D'autres constructeurs comme John Deere, proposent sur certains marchés des coupes de plus de 9 mètres sans vis d'alimentation, pour alléger leur poids. « Deux tapis latéraux ramènent la matière sur un tapis central qui alimente directement le convoyeur » explique Philippe Deguin responsable marketing moissonneuses-batteuses de la marque. Plusieurs constructeurs ont quant à eux augmenté le diamètre de la vis d'alimentation et la fréquence de coups de scies.
S'il est indéniable que la progression de la largeur de coupe se traduit directement en terme de débit de chantier, certains trouvent des limites. La maniabilité de ces barres de coupe dépassant 9 mètres est parfois remise en cause. Quant à l'accès au champ, même s'il faut dételer de la même façon qu'avec une barre de coupe de 6 mètres, les entrées et sorties sont plus délicates. Pourtant cela permet de diminuer le nombre de passages pour le détourage. De plus, le tassement du sol est limité.

Une coupe de grande largeur permet d'atteindre le potentiel maximum de la machine. Mais au-delà des neuf mètres de large, veiller au poids, à la vis d'alimentation ou encore à la cadence du lamier.

Une coupe de grande largeur permet d'atteindre le potentiel maximum de la machine. Mais au-delà des neuf mètres de large, veiller au poids, à la vis d'alimentation ou encore à la cadence du lamier.

 

Guidage obligatoire

Au travail, afin d'optimiser la pleine largeur de coupe durant toute la journée, un système d'autoguidage s'impose. Celui-ci offre également au conducteur un temps précieux pour régler et contrôler les réglages de la machine.En terme de polyvalence, pour des coupes de plus de 9 mètres, il devient difficile d'adapter une rallonge à colza, mais des systèmes de tablier compensent cette limite. Dernier point, il faut s'assurer que le dispositif de broyage et d'éparpillement soit adapté à la largeur de travail. Plus cette largeur est grande et plus il est difficile d'obtenir une répartition homogène.

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2009

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