Phytos : les équipements de protection individuelle sous-employés

Raphaël Lecocq

Selon une étude de l’Anses, publiée en novembre 2014, 18 % seulement des agriculteurs se protègent lors de toutes les phases de manipulation des produits
Axe Environnement

Par négligence sinon par méconnaissance des risques, les Equipements de protection individuelle (EPI) sont sous-employés. La Msa édite une brochure rappelant les bonnes pratiques, depuis l’identification du risque jusqu’au choix des équipements en passant par l’évaluation de l’exposition.

Les EPI usagés collectés comme les PPNU

Depuis le 1er janvier 2016, les EPI usagés bénéficient d’une filière de collecte, au même titre que les Produits phytopharmaceutiques non utilisables (PPNU). Une lacune réparée par Adivalor, qui estime à 100 t le gisement annuel d’EPI usagés en France métropolitaine. Classés déchets dangereux, les EPI usagés doivent être confinés dans des sacs translucides, fournis par des distributeurs arborant le logo « Eco Epi ». Ils empruntent le même circuit de collecte que les PPNU. Le financement de l’opération passe par l’application d’une éco-contribution sur la vente d’EPI neufs.

« Les agriculteurs, premières victimes des pesticides » : c’est sous ce titre que le quotidien Le Monde , dans son édition du 23 juin, rélévait une partie du contenu d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses),  intitulé « Expositions professionnelles aux pesticides en agriculture ». Et le quotidien de citer des extraits du rapport, en attendant sa publication officielle, plusieurs fois retardée, énonçant notamment « des données fragmentées et lacunaires sur l’exposition aux pesticides », « l’invisibilité des problèmes », le « relatif silence sur les maladies professionnelles », « les limites de connaissances sur la dangerosité des produits lors de leur homologation » ou encore l’évaluation des risques dans les conditions idéales de protection des opérateurs, « ce qui ne correspond pas aux pratiques habituelles des agriculteurs », lesquels peuvent avoir recours, en prime, à des combinaisons et autres équipements inappropriés.

Masque à cartouche A2P3 interchangeable filtrant les gaz et particules de tout produit phytosanitaire

1 agriculteur sur 5 protégé du début à la fin d’un chantier

La mise à l’index des pratiques des agriculteurs en matière de protection n’est pas nouvelle. « En novembre 2014, l’Anses publiait un rapport sur les pratiques et l’utilisation des équipements de protection individuelle et de travail par les agriculteurs lors de la manipulation de produits phytopharmaceutiques », indique Damien Sanchez, chargé de communication chez Axe Environnement, fournisseur d’équipements spécialisés. « 64% des agriculteurs mentionnaient utiliser toujours un équipement lors de chaque préparation de la bouillie, 36% lors du traitement, et 49% lors du nettoyage. Mais seuls 18% d’entre eux déclarent se protéger lors de toutes les phases de manipulation des produits ». Les actions de sensibilisation ne peuvent que se renforcer, ce à quoi s’emploie la Mutualité sociale agricole, à travers notamment l’édition de brochures listant les bonnes pratiques (voir pièce jointe).

Commentaires 1

fred

Le risque est de renforcé les arguments des anti phyto.
"Il faut interdire, l'utilisation de ces produits, vous savez que c'est dangereux aux vues de vos équipements. Vous vous protéger pour nous empoisonner"
Cette réflexion m'a été faite, il est difficile de se justifier !

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires