Premiers retours d’expériences pour la taille rase mécanique

Raphaël Lecocq

La taille rase mécanique est développée par une dizaine de constructeurs
CGC Agri

La taille rase ne taille pas seulement dans les coûts de production. Elle tranche aussi dans le vignoble et dans les esprits. A consommer avec attention.

La taille était jusqu’au milieu des années 2000 la dernière façon culturale à résister à la mécanisation en viticulture. Au Sitevi 2007 sont apparues les premières propositions commerciales, succédant à quelques prototypes développés par des viticulteurs. Deux ans plus tard, toujours au Sitevi, une dizaine de constructeurs exposait une machine, constituée d’une double paire de disques tranchants verticaux et horizontaux. Moyennant une conduite adaptée, (taille Royat, palissage solide, ceps bien attachés), la machine laisse en place un ou deux yeux et se satisfait d’une taille de finition rapide, notamment à l’endroit des piquets. Résultat de l’opération, interdite à ce jour par les décrets AOC : un temps de travail réduit de 60 %, un coût de revient diminué de 30 %.

Investissement de départ

Les gains sont tels qu’ils ne laissent pas insensibles les viticulteurs soumis par ailleurs à de fortes pressions économiques. Le risque n’était pas nul de voir nombre d’entre eux se jeter sur cette technique, sans en maîtriser tous les contours. Il n’en a rien était. « Les constructeurs ont eu la sagesse d’être prévenants, ce qui, avec le travail de vulgarisation des conseillers spécialisés, a permis d’éviter les erreurs, note Christophe Auvergne, conseiller agroéquipement à la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Avec quelques années de recul, aux plans  mécanique et économique, on peut affirmer que la taille rase tient ses promesses. Il faut cependant accepter d’investir davantage au départ, pour façonner les vignes en place et les nouvelles plantations ». Il faut aussi accepter un rendu visuel moins soigné que la pratique manuelle et un développement végétatif différent, tant au niveau des bois que des grappes. Dans l’Hérault, un des touts premiers départements viticoles de France, la taille rase mécanique serait déployée sur environ 5 % des surfaces. La Chambre publiera prochainement la synthèse de cinq années d’expérimentations réalisées en Languedoc-Roussillon et en Provence, avec une attention particulière sur les aspects agronomiques (développement végétatif, besoins hydriques, décalages de maturité) et œnologiques.

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