Pulvérisateurs : L'injection directe refait parler d'elle

Réussir Céréales Grandes Cultures, Jean-Jacques Biteau

Partir traiter avec une cuve d'eau claire et les matières actives dans leur récipient est
techniquement possible depuis le début des années 2000 grâce à l'injection directe des
matières actives dans le circuit de pulvérisation. Avec cette technique, les risques de
pollution lors du remplissage (débordement de la cuve, contamination du réseau d'eau
potable) sont inexistants. Pendant les déplacements, le renversement accidentel de la cuve
d'eau claire, la rupture d'une canalisation… vont avoir un impact minime sur
l'environnement.
Les systèmes d'injection directe offrent surtout la possibilité de changer facilement de
produit d'une parcelle à l'autre.
C'est également une solution pour réduire les volumes morts en fin de traitement : seules
les canalisations où se font le mélange et la pulvérisation sont à rincer au champ. Les
produits non utilisés restent dans leur contenant : ils sont stockés et utilisés ultérieurement.






SP-ID 2 de Spray Concept est le seul modèle d'injection directe disponible en France. Il s'adapte sur tous les pulvérisateurs, y compris les petits pulvérisateurs utilisés par les collectivités. (DR)

SP-ID 2 de Spray Concept est le seul modèle d'injection directe disponible en France. Il s'adapte sur tous les pulvérisateurs, y compris les petits pulvérisateurs utilisés par les collectivités. (DR)

Modulation intra-parcellaire

Enfin, ces techniques d'incorporation réduisent les temps d'intervention, notamment en
limitant les déplacements pour changer d'application, par exemple. Une économie d'environ
20 % de temps de déplacement est souvent constatée lors de l'enchaînement de
traitements, sans avoir besoin de rincer tous les circuits. La modulation intra parcellaire des
doses par une gestion électronique est également envisageable.
Malgré ces intérêts, le développement de ces dispositifs d'incorporation s'avère limité
depuis quelques années. Mais l'évolution des techniques d'application, des matières
actives, des circuits de pulvérisation, des dispositifs d'incorporation… leur redonne un
nouvel élan.





Injection directe sur un pulvérisateur automoteur. (J.-J. Biteau)

Injection directe sur un pulvérisateur automoteur. (J.-J. Biteau)

 

Incorporation directe de pulvérulents

L'un des freins à l'essor de l'injection directe peut être la forme de présentation des matières
actives (solides, pulvérulentes, liquides …).
En effet, une formulation liquide facilite l'incorporation directe, avec ou sans pré-mélange.
Un produit solide (granulés, pulvérulent, sachet hydrosolubles, etc) nécessite encore un
mélange dans une cuve de bouillie mère avant l'injection dans le circuit. « Les premiers
systèmes d'injection de poudre sont en service depuis cette année, pour des applications
en viticulture. Le principe sera expérimenté en grandes cultures à la fin de l'année »,
précise René Proharam, directeur de la société Spray Concept qui développe le système
Spraying par injection directe (SP-ID).
L'intégration des dispositifs sur les pulvérisateurs (portés, tractés, automoteurs) peut être
jugée contraignante. L'encombrement du système, dimensionné en fonction des capacités
du pulvérisateur, peut susciter des inquiétudes en matière d'installation et d'accessibilité sur
les appareils. Toutefois, l'évolution des technologies aide à réduire la taille des composants,
ce qui facilite la mise en place, tout en préservant un confort optimal de travail ainsi que
l'environnement d'origine de la machine. L'utilisateur doit pouvoir intervenir facilement, sans
risque, sur le pulvérisateur lors de la mise en service d'une application et au cours du
traitement.




Entre 9000 et 15 000 euros

L'un des autres freins au développement de ces techniques peut être aussi le coût d'un
ensemble. René Proharam indique qu'« il faut compter 9000 euros pour disposer d'un système
de base. Le dispositif est intégré sur un support à fixer sur le pulvérisateur. Le nombre
d'injecteurs, le nombre de cuves avec ou sans agitateur, l'adaptation sur le pulvérisateur, la
taille de l'appareil… font évoluer le prix de l'équipement. Le dispositif pour un automoteur peut
atteindre 15 000 euros ».

Pièces jointes

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Juillet-Août 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires