Technologies et services pèsent sur le prix du matériel

Raphaël Lecocq

Les nouvelles technologies impactent le prix mais génèrent des bénéfices en retour
Fendt

En dépit du ressenti des agriculteurs, l’augmentation du prix des matériels agricoles reste inférieure à l’augmentation générale des prix. Les facteurs de hausse résident dans les exigences réglementaires et dans les nouvelles technologies

Au cours des 35 ans passés, la courbe d’augmentation du prix des machines agricoles est toujours restée en dessous de l’indice général des prix, en dehors d’une courte période autour de l’année 2005. Il en a été de même pour le poste entretien et réparations, à l’exception des deux dernières années. Ces éléments repris par Axema, l’Union des industriels de l’agroéquipement, proviennent de l’Insee. Des chiffres corroborés par ceux du ministère de l’Agriculture. L’Indice du prix d’achat des moyens de produc­tion agricole (Ipampa) est passé de 100 en 2010 à 110,1 en juin 2015. Sur la même période, le matériel agricole se situe à 107,3 tandis que les semences montent jusqu’à 108,9 les engrais/fertilisants à 117,9. En ce qui concerne les matériels, seuls les pulvéri­sateurs s’écartent de la moyenne à 114.

Sous la contrainte réglementaire, le prix des pulvérisateurs a augmenté davantage que le reste des matériels

Exigences réglementaires

La hausse des prix reste donc contenue à un niveau proche de l’inflation. Les matières premières sont mises hors de cause. Leur prix n’a pas augmenté de façon excessive ces dernières et leur impact se dilue au fur et à mesure que les matériels se sophistiquent. Selon Axema, la hausse des prix est liée en partie aux exigences réglementaires, à commencer par les normes anti-pollution des automoteurs. Les constructeurs estiment qu’elles ont engendré un surcoût de 70 % du prix des moteurs, ces derniers représentant environ 25 % du coût d’un automoteur. Dans le domaine réglementaire peuvent être cités les systèmes de filtration des cabines, les systèmes anti-renversement ou encore les organes de mise en œuvre des pulvérisateurs (remplissage, rinçage).

atériels, seuls les pulvéri­sateurs s’écartent de la moyenne à 114.

Productivité et précision

L’augmentation des prix doit être jugée à l’aune des gabarits et des technologies embarquées. Selon Axema, en 10 ans, les moissonneuses sont passées de 5 à 6 m à plus de 10 m de lar­geur de coupe , les presses à balles de 40 unités l’heure à 60, les robots de traite de 50 à 70 vaches… Les nouvelles technologies (GPS, consoles, Isobus, capteurs, automatismes, technologies supports de l’agriculture de précision et porteuses d’économies) constituent une autre source d’inflation. L’augmentation des prix, contenue donc, n’est pas propre au marché français et l’évolution des prix  est comparable d’un pays à l’autre. Par contre les marges des industriels français sont moindres. La faute à la fiscalité et à des taxes singulières appliquées à la production telles que la Cotation sur la valeur ajoutée des entreprises ou encore la Contribution foncière des entreprises. Les industriels considèrent ne pas répercuter l’intégralité des coûts générés par la fiscalité et les évolutions réglementaires et technologiques.

Commentaires 1

PLEIN41

Quel ramassis de con*****!

Le matériel est intouchable actuellement!

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