Vitirover lève des fonds pour industrialiser la fabrication de son robot de tonte

Raphaël Lecocq

Vitirover s’apprête à partir à l’assaut du vignoble
Vitirover

Quatre ans, quatre protypages et plusieurs récompenses après la première présentation du robot de tonte pour vignes, Vitirover aborde la phase industrielle, moyennant une levée de fonds de 300 000 €.

Vitirover et les coûts cachés du désherbage

Entre 1500 €/ha et 3000 €/ha : c’est selon Vitirover les coûts cachés du désherbage. Explications, à commencer par la fourchette : 1500 €/ha lorsque la bouteille est valorisée à 5 € et 3000 €/ha lorsqu’elle est valorisée à 20 €. Retenons 1500 €/ha. Ce coût inclut le prix moyen de l’entretien des sols viticoles, que Vitirover estime à 500 €/ha en cas d’entretien mécanique sur le rang. Et c’est là que le bât blesse, ou plus précisément les pièces mécaniques en mouvement au pied des ceps. Conséquence : des blessures pouvant engendrer une mortalité directe et indirecte (maladies) des pieds, que Vitirover minore à 0,5 % quand l’IFV est plus proche des 2 % selon les outils en présence. La perte associée de vin et le remplacement des pieds équivalent à 950 €/ha/an, selon Vitirover, soit 1450 € avec les coûts d’entretien annuel. Avec sa légèreté, sa faible vitesse et son mode opératoire, le robot de tonte épargne les pieds, moyennant un coût annuel de 980 €/ha/an selon le constructeur.

Mis au point par la société du même nom, basée à Saint-Emilion (33), Vitirover est un robot capable de désherber la vigne, au moyen de trois petit gyrobroyeurs diposés frontalement, assurant 32 cm de coupe par passage, avec une hauteur réglagle entre 4 et 10 cm. Coté mobilité et guidage, Vitirover dispose d’un panneau solaire en guise de capot et d’un GPS piloté par smartphone pour assurer sa déambulation dans la parcelle, sur toute la parcelle et seulement dans la parcelle. Ses batteries peuvent le cas échéant être rechargées sur le secteur. Un robot Vitirover est capable d’entretenir l’équivalent de 2 ha de vignes durant la période végétative, moyennant un investissement de 6000 euros, hors contrats de garantie et de maintenance.

Du robot-tracteur au robot-capteur

Avec une vingtaine de robots de pré-série en service, en France et en Europe, Vitirover est complètement opérationnel et le constructeur aborde désormais la phase industrielle, confiée à AssysProd, une entreprise basée à Coutras (33). Après avoir levé 150 000 € en 2015 via une opération de crowdfounding, Vitirover se donne jusqu’au 15 juillet pour achever, auprès d’investisseurs, une autre levée de fond de 300 000 €, déjà couverte à près de 85 %. C’est ce qu’il manque à Vitirover pour amorcer au plan industriel la pompe vertueuse de cette solution robotisée, prête à satisfaire de nombreux clients pour ses vertus agronomiques et écologiques, arguments économiques à la clé (voir encadré). Parallèlement, Vitirover poursuit ses travaux de recherche et de développement axés sur la mise au point de capteurs embarqués, au service de l’optimisation de la conduite culturale. L’entreprise est notamment porteuse du projet européen VVINNER, lequel estime à 10 000 unités le potentiel de robots tracteurs et capteurs au sein du vignoble européen.

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