À la santé du muscadet

Jean-Philippe Arnaud

La viticulture était au cœur des discussions lors de la venue de Jérôme Despey chez Imelda Figureau.

Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA en charge du dossier viticulture, a répondu à l’invitation des bureaux FNSEA 44 et JA 44 en se rendant sur une exploitation viticole de Loire-Atlantique.

La viticulture était au cœur des discussions lors de la venue de Jérôme Despey chez Imelda Figureau.

Le muscadet a trinqué ces dernières années. Le vignoble n’a pas remonté la pente complètement mais le programme d’action envisagé par les opérateurs de la filière est suffisamment ambitieux pour aider les viticulteurs à relever la tête. À condition toutefois que les mesures d’intervention et de régulation soient à la hauteur des enjeux. C’est en substance le constat qu’a réalisé Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA en charge du dossier viticulture, lors de sa venue en Loire-Atlantique, le 10 septembre dernier, à l’invitation de la FNSEA 44 et de JA 44. Reçu sur le domaine d’Imelda Figureau, présidente de la section viti de JA 44, à Pont Saint Martin, Jérôme Despey a ainsi eu l’occasion d’échanger avec les bureaux des deux syndicats, ainsi qu’avec les présidents de la chambre d’agriculture, du syndicat des vignerons indépendants et du Sdaoc Muscadet.

Panorama de la situation

Ce qui appréciable à l’écoute d’un responsable national, c’est qu’il en mesure de brosser un panorama complet et précis de la situation dans d’autres régions de France et du monde. Jérôme Despey a ainsi expliqué que « la récolte sera en baisse dans tous les bassins de production lors de cette campagne ». Plusieurs facteurs d’explication à cela : un gel hivernal généralisé sur le territoire, des orages très répandus avec des épisodes de grêle et des conditions climatiques très variables dans le temps, avec son lot de maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium) et une floraison inégale. « Même la campagne de 1991, une année historiquement peu productive, n’était pas si grave », prévient-il. « Les 42,5 millions d’hectolitres prévus cette année en France sont légèrement en deçà du volume récolté il y a 20 ans » ! Cela signifie-t-il qu’il faille s’inquiéter de la situation ? Pas nécessairement à en croire Jérôme Despey : « Il s’agit d’une des plus petites récoltes depuis très longtemps mais c’est le cas aussi chez nos voisins italiens ou espagnols, et même dans les principaux pays de l’hémisphère sud. En parallèle, la consommation tend à augmenter. Donc il n’y a aucune raison objective d’avoir une tension à la baisse. Quant à la qualité, elle sera en principe au rendez-vous, surtout si la pluie fait son retour pour amener le raisin à une belle maturité ».

Segmenter, contractualiser

Malgré cette vision plutôt positive, pas d’excès d’optimisme. « Il y a un marché pour tous les segments, à condition d’engager un véritable partenariat et un processus de contractualisation », insiste Jérôme Despey. « Il faut gérer avec l’ensemble des opérateurs de la filière la volatilité des prix et accentuer la valorisation de nos produits. Surtout que, comme dans d’autres productions, les charges ne font qu’augmenter ». Un sentiment partagé par Joël Forgeau, président du Sdaoc Muscadet : « Nous militons pour une meilleure contractualisation, l’idée étant de la construire avec les partenaires de la filière pour remonter les prix d’achat, sans impacter excessivement les consommateurs. Les viticulteurs sont ca­pables de produire du bon vin sous condition de la stabilité des prix ».

Le couperet de la PAC

L’évolution de la politique agricole commune est aussi un élément déterminant. « Le secteur viticole a une Organisation Commune de Marché (OCM) qui lui permet de bénéficier de mesures structurantes », souligne Jérôme Despey. « La position affirmée par la FNSEA est de prolonger cette OCM sur la période 2014-2018, même si ce n’est pas la tendance prise par le commissaire européen ». La préservation des outils de régulation, avec la réintégration des droits de plantation, est l’objectif prioritaire du syndicat. « Nous nous battons main dans la main avec JA, le Cnaoc, … pour empêcher la libéralisation totale du marché à partir de 2019. Si les choses ne changent pas, il faut s’imaginer avec des plantations de vigne partout, ce qui serait destructeur pour le vignoble et pour la filière ». Il s’agit d’un combat de tous les instants pour le responsable viticole, qui sait que l’unanimité des états-membres doit être convaincue afin d’influencer la politique actuelle. « Ce travail de lobbying est à faire partout », soutient-il. « En ce qui me concerne, je rencontre prochainement les services du commissaire européen à Bruxel­les. Mais, même localement, il est utile de défendre cette position auprès des élus ».

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