Alsace : Vinifier avec un minimum de SO2

Propos recueillis par Magali-Eve Koralewski

La bonne gestion de l'oxygène, du pressoir à la bouteille, est essentielle. Trois questions à Nicolas Secondé qui a organisé, lors de la foire aux vins de Colmar en août dernier, une conférence sur la vinification des vins sans sulfites.

Peut-on faire des vins sans SO2 ?

Nous sommes de plus en plus souvent confrontés à des vignerons désireux de faire des vins sans sulfites, sans apports, sans intrants. Supprimer totalement le SO2 peut générer un certain nombre de problèmes. Notre objectif n'est pas le “ zéro SO2 ” mais plutôt comment atteindre de faibles teneurs dans les vins finis, par exemple à 40 mg/l sur vins avec sucres résiduels et 20 mg/l sur vins secs.

Comment réduire les doses de SO2 ?

Le SO2 a deux fonctions essentielles : anti-oxydante et anti-microbienne. Pour diminuer les doses de SO2 dans les vins, trois points principaux sont à respecter : une hygiène irréprochable, une gestion pointue du pH, la maîtrise de l'oxygène depuis la récolte jusqu'à la table du consommateur.

Nicolas Secondé, oenologue-conseil directeur général des laboratoires Immelé en Alsace : “ Notre objectif n'est pas le “zéro SO2” mais plutôt d'atteindre de faibles teneurs dans les vins finis. ”

Nicolas Secondé, oenologue-conseil directeur général des laboratoires Immelé en Alsace : “ Notre objectif n'est pas le “zéro SO2” mais plutôt d'atteindre de faibles teneurs dans les vins finis. ”

 

Quels sont vos conseils en matière d'oxygène ?

La première chose est d'identifier lors de la vinification à quel moment on a besoin d'oxygène et à quel moment il faut s'en passer. Lors du pressurage des blancs par exemple, les premiers jus doivent être protégés contre l'oxygène. En fin de pressurage en revanche, les jus sont plus riches en polyphénols. Dans ce cas, on peut provoquer une mini casse oxydative pour faire tomber ces polyphénols. Nous utilisons le Nomasens pour gérer ce paramètre, un appareil capable de doser l'oxygène gazeux et dissous pendant toute la vinification sans destruction de l'échantillon. C'est une réelle avancée car cela nous permet de mesurer des cinétiques en s'affranchissant de l'échantillonnage. Après fermentation, on peut analyser quelle quantité d'oxygène le vin sera capable de supporter. Le choix du bouchon intervient également et doit être raisonné en fonction des apports d'oxygène qu'il est susceptible de laisser passer dans le vin une fois en bouteille.

Source Réussir Vigne Octobre 2010

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