Après le e-commerce, voici le m-commerce

Claudine Galbrun- Réussir Vigne Réussir Février 2012

Après le e-commerce, voici le m-commerce
Portalupi, domaine californien fait figure de pionner en matière de site mobile. Tout en misant sur l’esthétisme, le site a été “ designé ” pour être adapté au petit écran du téléphone et le consommateur peut en appuyant sur cinq boutons seulement, acheter du vin.

Certains programment déjà la fin du e-commerce soit le fait d’acheter des biens ou service à partir d’un ordinateur et annoncent le développement du m-commerce ou le commerce à partir du téléphone mobile.

" Il faut rester en veille "

Après le e-commerce, voici le m-commerce
Ryan O’Connel, domaine O’Vineyards, Aude

‹ J’utilise le mobile en direction de mes clients mais en tant que vitrine du domaine, pas en tant qu’outil de commercialisation. Car je pense que pour les petits vignerons, mieux vaut encore attendre un peu. Mais ce qui est encourageant pour cette technologie est le fait de grandes sociétés comme venteprivee.com voient leur chiffre d’affaires lié au m-commerce croître. Si de telles sociétés habituent leurs clients à acheter via leur mobile, il faudra alors suivre. Je travaille d’ailleurs avec des importateurs qui pratiquent le m-commerce. Mais pour l’heure, cela entraînerait pour les petits, une trop grande dépense d’énergie. Je n’envoie pas de messages directement à mes clients sur leur mobile. Je mets des posts sur Twitter et mon blog. Si mes clients veulent les recevoir sur leur mobile, il leur suffit de s’abonner au flux RSS correspondant. Mais je suis persuadé que le m-commerce du vin a de l’avenir. Il faut donc rester en veille car quand le phénomène va se déclencher, ça ira très vite. Il ne faut pas être deux ans en avance mais ne pas non plus rester à la traîne.

Les smartphones, ces téléphones intelligents qui se comportent comme un ordinateur et permettent de se connecter à internet en n’importe quel endroit (sous réserve toutefois qu’il y ait du réseau ! La fracture numérique notamment entre milieu urbain et rural étant encore une réalité), ont plus que largement encombré la hotte du père Noël, cette année. Selon l’institut GFK, spécialiste de l’analyse des marchés de biens durables, ce sont quelque 1,7 million d’unités qui ont été vendues sur le seul mois de décembre 2011. Et cette fulgurante progression du taux d’équipement laisse augurer d’un avenir radieux pour le m-commerce soit le fait d’acheter des produits, des services à partir d’un téléphone mobile. Car comme le souligne François Druel, consultant à FD Conseil, agence en marketing de l’innovation, le mobile est devenu le premier média d’accès à internet. Et il ne manque pas d’atouts. C’est d’abord la possibilité d’acheter à distance avec prochainement l’avènement du paiement mobile sans contact, le mobile sera alors directement relié au compte bancaire. C’est un moyen de fidéliser le consommateur en lui adressant, par exemple des bons de réduction personnalisés. Il permet un marketing géolocalisé grâce au GPS permettant de localiser par exemple les lieux de vente d’un produit et pouvant aller jusqu’au push marketing : lorsque le mobinaute passe à proximité d’une enseigne, une alerte lui est envoyée lui signalant les bons plans. Le mobile permet aussi des comparaisons de produits en tapant le nom de ce dernier ou en scannant le code barre. Ce peut être aussi un système d’assurance avant d’acheter en prenant connaissance sur son mobile des avis, commentaires ou évaluations d’autres consommateurs. Le vin ne devrait pas échapper à cette tendance. Bien au contraire, estime Vincent Deruelle, directeur général de l’agence de conseil en e-marketing BleuRoy : “ le vin est parfaitement adapté au m-commerce, qui devrait d’ailleurs, selon lui, céder sous peu sa place au commerce connecté. Car en matière de vin, la dégustation initie l’achat. Suivons le parcours d’un client. On peut imaginer ce dernier au restaurant, chez un ami en train de déguster un verre qu’il apprécie, sans avoir à portée de la bouteille un ordinateur sur lequel il pourra se connecter ou le producteur de ce vin, susceptible de lui vendre. Grâce à son mobile en revanche, il va pouvoir rapidement trouver du contenu sur le vin, sur le vigneron qui l’a produit et pourra ainsi acheter tout de suite ce vin ou sélectionner son nom en favori pour l’acheter plus tard ”. Ce marché qui ne fait que démarrer devrait être mature d’ici un ou deux ans, poursuit-il. Le leader mondial de la vente de vins en ligne, l’américain Wine.com en a fait le pari, en annonçant récemment le lancement de son site spécifiquement dédié aux mobiles : m.wine.com.

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Vincent Deruelle (photo de gauche), de l'agence BleuRoy, et François Druel (photo de droite), de l'agence FD Conseil. © DR

Adopter son site internet au mobile

Car même si le vigneron est aguerri aux techniques “ traditionnelles ” de vente en ligne selon les règles du “ bon vieux ” e-commerce , il sera nécessaire de revoir le site de vente pour l’adapter au petit écran du mobile. “ Plus qu’une question de marketing, c’est avant tout une question technique. Le site doit être optimisé pour être utilisé sur smartphone afin qu’il s’affiche dans de bonnes conditions ”, indique François Druel. Mais d’ajouter : “ Les solutions techniques pour avoir une boutique en ligne, aussi bien en e qu’en m-commerce, sont peu chères et maîtrisées. Mais la question que doit se poser tout vigneron avant de se lancer est de savoir si sa propre organisation va lui permettre de gérer des envois à destination du grand public, s’il sera capable d’expédier au maximum une seule caisse voire de panacher ses vins. Une alternative pour le vigneron sera de choisir d’être présent sur un caviste en ligne. ” Mieux vaut ne pas non plus, sur son site mobile, multiplier les informations. Dans une majorité des cas, le consommateur cherchera les coordonnées du domaine, un plan d’accès et des informations sur le vin. Autant limiter le nombre de clics qui permettront au consommateur de trouver ces données.
Trouver des relais entre l’étiquette de vin et le mobile

Reste à attirer le chaland, celui-ci fusse-t-il doté d’un smartphone ne le demeurant pas moins. “ Il est en effet nécessaire de trouver des relais entre l’étiquette de vin et le mobile ”, estime Vincent Deruelle. “ Taper sur son téléphone l’adresse internet n’est pas forcément simple. Le Vincode, soit un QR code adapté au monde du vin (code barre à deux dimensions qui offre la possibilité en le photographiant à partir de son téléphone, moyennant le téléchargement d’une application adéquate, de renvoyer le mobinaute vers un site internet dédié) peut être une solution.  ”
François Druel, pour sa part, se demande si apposer un tel QR code sur l’étiquette apportera davantage que d’inscrire l’adresse de son site internet. “ Le QR code est illisible en tant que tel. À moins de lui trouver une utilisation parfaitement pertinente qui ouvre par exemple sur une page internet spécifique, sa valeur marginale par rapport à l’adresse internet d’un domaine me paraît faible, en tout cas pour l’heure. ” Une autre solution est la possibilité de scanner l’étiquette qui pourra être reconnue sur internet. “ En tous cas, il faut penser cross canal ”, assure Vincent Deruelle. “ Le consommateur en effet, attend une continuité d’expérience entre ses différents points de contact avec une marque. Il faut donc prendre en considération ces différents points de contact que sont le web, le mobile, les réseaux sociaux, le point de vente pour adapter le contenu de son message et avoir une cohérence. ”
 

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