Bordeaux : La micro-oxygénation ne passe pas toujours avec succès l'épreuve du temps

Magali-Eve Koralewksi

La chambre d'agriculture de Gironde a suivi l'évolution de vins micro-oxygénés durant cinq ans après leur mise en bouteille. Selon la nature des tanins du vin avant traitement, la micro-oxygénation n'apporte pas forcément les bienfaits attendus.

La chambre d'agriculture (CA) de Gironde a réalisé des essais comparatifs de micro-oxygénation sur des vins d'appellation bordeaux et bordeaux supérieur et a suivi l'évolution de ces vins à 1, 3 et 5 ans de vieillissement en bouteille. Trois cas possible d'évolution des vins ont été observés. “ Dans un premier cas, qui concerne une majorité de vins, une amélioration aromatique du vin et de son équilibre est observée dès le premier traitement et se poursuit dans le temps au cours du vieillissement. Pour d'autres vins, l'apport d'oxygène a un effet négatif qui apparaît sur vin jeune et se maintient dans le temps. Enfin dans un quart des cas, on observe une amélioration juste après traitement sur tous les effets induits par la micro oxygénation à savoir moins d'arômes végétaux, plus de fruit, de meilleurs tanins, une meilleure finale et des vins plus gras. Mais en vieillissant, ces effets régressent ”, constate Jean-Christophe Crachereau, du service vigne et vin CA de Gironde.

Selon la nature des tanins du vin, la micro-oxygénation peut avoir un effet bénéfique ou négatif sur le vin et dans la majorité des cas cet effet aura tendance à perdurer dans le temps. (Anaka)

Selon la nature des tanins du vin, la micro-oxygénation peut avoir un effet bénéfique ou négatif sur le vin et dans la majorité des cas cet effet aura tendance à perdurer dans le temps. (Anaka)

Prévoir la réaction du vin par l'analyse

“ Ces comportements différents sont liés à la nature des tanins des vins. La société Vivelys les a classé en trois catégories : verts, durs et secs. Les deux premiers types de tanins supportent bien la micro-oxygénation tandis que sur les tanins secs, l'effet est négatif et a tendance à renforcer la sensation de sècheresse ”, explique-t-il. Mais toute la difficulté réside dans la détection à la dégustation du type de tanins présent dans le vin afin de pouvoir anticiper les effets positif ou négatifs de la micro-oxygénation. “ Et il faut être expert pour arriver à bien cerner ces tanins. Même un expert peut ne pas déceler correctement les tanins ce qui expliquerait le troisième cas d'évolution rencontré dans nos essais. Nous avons cependant une piste qui se base sur l'analyse de l'évolution de la couleur et de la réactivité des tannins. En comparant ces analyses au témoin on peut faire le tri entre les vins pour lesquels l'effet sera positif et ceux pour lesquels l'effet sera négatif. Le but est d'arriver à appliquer cette méthode en l'absence d'un témoin, directement à partir de l'analyse du vin juste après micro-oxygénation ”, précise Jean-Christophe Crachereau. Une série d'essais est prévue cette année en cave pour valider cette piste “ encourageante ”.

Source Réussir Vigne Janvier 2011

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier