Bordeaux : top départ pour la "semaine des primeurs "

Laurent ABADIE, AFP

Bordeaux : top départ pour la "semaine des primeurs "
5.000acheteurs profesionnels vont sillonner les vignobles du bordelais à la rencontre du millésime 2011 de ces 250 grands crus (DR)

Qualifié d'"hétérogène" et d'une qualité moindre que les deux années précédentes, le millésime 2011 des grands crus bordelais sera dégusté par les professionnels lors de la "semaine des primeurs" qui a commencé dimanche et qui devrait annoncer une baisse des prix.

Avant l'ouverture des primeurs, la place bordelaise bruisse de rumeurs et une partie de poker menteur s'engage entre propriétaires, souhaitant vendre au plus haut prix le fruit de leur récolte, et négociants, qui achètent près de 80% des stocks des grands crus pour les revendre. Les notes qui seront attribuées aux vins, tout juste prêts à être dégustés, seront cruciales pour les propriétaires qui fixeront d'ici fin mai le prix de leurs bouteilles.

Alors que les tarifs de la cinquantaine d'étiquettes les plus prestigieuses du bordelais se sont envolés ces deux dernières années en raison de millésimes 2009 et 2010 qualifiés d'"exceptionnels" et de la spéculation des acheteurs, un retour à la raison est attendu pour 2011, millésime qualifié de "bonne qualité", malgré son hétérogénéité, selon terroirs et châteaux.

"2011 a le malheur d'arriver derrière deux millésimes exceptionnels. Il sera tout de même très bon, même si les tanins sont moindres en quantité, moins mûrs et moins ronds", indique Antoine Medeville, oenologue conseil d'une cinquantaine de châteaux dans le Médoc. Denis Dubourdieu, oenologue réputé qui conseille une trentaine de grands crus bordelais, parle de "millésime étrange et inédit très différent de tous les autres" en raison "de conditions climatiques particulières qui ont eu un effet sur la vigne, avec l'été au printemps, l'automne en été et de nouveau l'été en automne".

Selon lui, en 2011 "les Sauternes sont somptueux, les blancs secs très bons et les rouges hétérogènes, mais avec certains très grands et d'autres moins intéressants".

1.300 euros la bouteille pour un Château Ausone 2010

Selon le courtier en vins François Lévêque, "en 2009 et 2010, il y a eu beaucoup d'affaires, de transactions, et même de la spéculation sur des vins que tout le monde voulait avoir. Pour parvenir à vendre cette année, il va falloir convaincre les propriétaires d'accepter une baisse peu sensible chez certains et très sensible chez d'autres".

Si des grands crus vendus en dessous de 50 euros la bouteille ne devraient consentir qu'à une baisse minime de leur tarifs, en revanche sont en ligne de mire les Premiers grands crus, une cinquantaine de châteaux parmi les quelque 250 grands crus bordelais qui se négocient aujourd'hui de plusieurs centaines à un millier d'euros.

Ainsi, le millésime 2010 se vend aujourd'hui 1.300 euros la bouteille pour un Château Ausone, 1.000 euros pour un Lafite Rothschild ou un Lafleur, 1.100 euros pour un Latour, 700 euros pour un Margaux ou un Haut-Brion, 800 euros pour un Mouton Rothschild. La star des vins Bordelais, Petrus à Pomerol, se négocie, elle, plus de 3.000 euros.

Outre ces grandes étiquettes, les châteaux dits "super seconds" comme Cos d'Estournel, Mondotte, Palmer, Ducru-Beaucaillou, Figeac, Pavie, Angélus, etc, qui se négocient de 100 à 300 euros la bouteille, devraient également baisser leurs tarifs.

Dans l'attente de la fixation des prix par les producteurs, près de 5.000 importateurs, distributeurs, critiques, restaurateurs ou cavistes vont sillonner les vignobles du bordelais à la rencontre du millésime 2011 de ces 250 grands crus. Mais grâce à cette caisse de résonance attirant à Bordeaux tous les grands professionnels du vin, les autres propriétaires de châteaux tentent de tirer leur épingle du jeu en organisant eux aussi des rencontres avec de potentiels acheteurs. Ainsi, une quarantaine de lieux de dégustation rivaliseront pour faire découvrir non seulement le millésime 2011, mais aussi d'autres plus anciens.

Publié par Laurent ABADIE, AFP

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