Communication : Du bon usage des réseaux sociaux

Claudine Galbrun

Utiliser les réseaux sociaux sur internet pour promouvoir son vin va bientôt devenir incontournable. En jeux : créer l'empathie du consommateur pour son domaine et le fidéliser.

Selon une enquête réalisée en mai 2010 par My Social Winery, agence de marketing spécialisée dans la promotion et la commercialisation des vins français et américains sur internet, 75 % des vignerons français ne publieraient pas d'informations sur les réseaux sociaux sur internet, 59 % n'auraient pas de page Facebook et 91 % n'auraient pas de compte Twitter. La France vigneronne, en matière d'utilisation des réseaux sociaux sur internet comme outils de communication et de marketing, accuserait un certain retard. “ Ce sont pourtant autant d'espaces de discussion sur internet sur lesquels on se doit d'être présent en tant qu'entreprise dès que l'on a une commercialisation qui va au-delà de sa commune ou de son département ”, indique Joël Chaudy, consultant en stratégie marketing et communication, agence Jconseil (www.jconseil.fr). Ces réseaux sociaux qui s'appuient sur la technique du Web 2.0 (ou internet participatif) permettent la création et l'échange de contenus générés par ses utilisateurs, contenus qu'ils indexent, organisent, commentent. Ce peut être aussi un moyen de se faire des “ amis ”, de construire du capital sympathie autour d'une marque, de son vin, d'élargir sa notoriété et au final d'élaborer une stratégie marketing en dehors des sentiers battus. “ D'ailleurs, de plus en plus d'entreprises américaines intègrent l'usage des réseaux sociaux dans leur stratégie de communication ”, souligne Grégoire Japiot, créateur de l'agence conseil en stratégie web, Silicon Terroir (siliconterroir.fr).

“ L'important est d'être proche de ses consommateurs ”, estime Anne-Victoire Monrozier, qui dirige l'agence de conseil web Miss Vicky Wine (missvickywine@gmail.com). “ Il faut créer une page sur son domaine dans les réseaux généralistes tel Facebook qui est incontournable, laisser ses fans s'exprimer, leur répondre, partager avec eux des informations plus ou moins exclusives, voire même étrangères au vin. Dans le cas d'un domaine peu connu, on peut commencer avec ses vrais amis et puis les amis des amis feront le reste. Ce qui est essentiel est d'être présent sur internet lorsqu'on tape le nom du domaine sur Google. ” Le vigneron peut aussi participer à des forums de discussion dont il n'est pas à l'initiative. “ L'objectif est de créer du lien avec la communauté des vignerons sur le web et avec la communauté de tous ceux qui s'intéressent à une problématique particulière telle la viticulture biologique, par exemple ”, indique Evelyne Resnick, auteur du Guide pratique de marketing et de promotion sur internet (www.tendancevin. com). Le réseau Linkedln peut être intéressant de ce point de vue car il est divisé par thème. Mais il existe aussi des réseaux sociaux spécialisés tel Vinogusto (www.vinogusto.com), une plateforme d'échange entre amateurs de vin qui en réunit quelque 500 000 par mois. Le vigneron peut ainsi accéder gratuitement à cet espace de communication. “ Celui-ci peut parler de ses vins ou des vins d'un confrère. Le consommateur est friand d'informations personnalisées, transparentes. Ce qui va créer un avis positif est la relation humaine qui va pouvoir s'établir. Il ne faut pas oublier que le réflexe de base du consommateur est d'aller sur internet pour voir si on parle de ce vin ou pas ”, explique Marc Roisin, fondateur de Vinogusto. À noter que ce réseau propose également des formules d'abonnement annuel (de 120 à 480 €/an) assurant la présentation du domaine, des vins, les lieux de vente, à un public potentiellement déjà conquis.

A.-V. Monrozier a été à l'origine avec G. Japiot du premier Vinocamp, qui a réuni en juillet à Paris des vignerons et autres professionnels intéressés par les réseaux sociaux et internet. (A. Ibanez)

A.-V. Monrozier a été à l'origine avec G. Japiot du premier Vinocamp, qui a réuni en juillet à Paris des vignerons et autres professionnels intéressés par les réseaux sociaux et internet. (A. Ibanez)

 

Compte tenu des interactions entre les réseaux sociaux qu'ils soient généralistes ou spécialisés et que désormais les forums de discussion sont indexés par les moteurs de recherche, mieux vaut être présent partout. Techniquement, il suffit pour aborder les réseaux sociaux d'une simple connexion internet pour un coût donc, nettement abordable. “ Mais encore faut-il savoir pourquoi on le fait, qui cherche-t-on à toucher ? Des journalistes, des consommateurs, des sommeliers ? On pourra alors par exemple, personnaliser sa page Facebook ”, souligne Evelyne Resnick. Autre élément à prendre en compte : son e-reputation. “ Dès l'instant où l'on investit les réseaux sociaux, la première chose à faire est de savoir ce que l'on dit sur vous ”, indique Grégoire Japiot. Il existe pour ce faire, des outils de veille automatique type alerte Google, gratuit, ou payant qui permettront d'intervenir pour rectifier le tir, le cas échéant. On peut aussi avoir recours aux services d'un community manager qui veillera sur cette e-reputation et calculera l'efficacité de la stratégie mise en place. “ Car internet peut être aussi génial que dévastateur ”, estime Joël Chaudy. “ Chaque entreprise doit prendre conscience de l'importance de ce qu'on dit sur elle sur internet et qui est très souvent sous-estimé. À partir d'un simple commentaire négatif, le consommateur peut dire qu'il n'achètera pas. De ce point de vue, le secteur vin est particulièrement exposé. N'ayant pas forcément l'opportunité physique de goûter le vin, l'internaute va partir à la recherche de l'image de ce vin sur internet. Ce dernier est une grande surface illimitée qui permet de vendre très loin et beaucoup mais qui n'est pas sans risque. ” Reste à savoir si cela fait vendre. “ Les wineries présentes sur les réseaux sociaux aux Etats-Unis auraient enregistré une augmentation de 20 % de leurs ventes. Mais ces chiffres demandent encore à être vérifiés ”, indique Evelyne Resnick.

Source Réussir Vigne Octobre 2010

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