Des moyens de lutte contre la cicadelle verte testés en viticulture biologique

Claudine Galbrun - Réussir Vigne Septembre 2012

Des moyens de lutte contre la cicadelle verte testés en viticulture biologique
éric Maille, conseiller en viticulture biologique à Agrobio Périgord. “ Bien que moins efficace que l’argile kaolinite calcinée, en cas de faible pression, le purin de fougère peut suffire et en plus, il est économique. ” DR

Après les premiers résultats encourageants obtenus dans la lutte contre la cicadelle verte avec l’argile kaolinite calcinée, d’autres produits tels le purin de fougère, la zéolithe et le semis de fleurs sont actuellement testés en viticulture biologique.

“ La lutte contre la cicadelle verte, en particulier en Dordogne est considérée comme une priorité par les viticulteurs biologiques ”, explique Éric Maille, d’Agrobio Périgord (association de développement de l’agriculture biologique), même si les dégâts réels sont généralement très faibles. Les premiers essais avec l’utilisation d’argile kaolinite calcinée ont débuté en 2009 sur neuf sites et se poursuivent depuis 2011, dans le cadre du Résaq Vitibio (Réseau Aquitain d’expérimentation et d’observation en viticulture biologique) sur 21 sites. “Ce produit est un insectifuge, l’aspect blanc qu’il confère au feuillage trompant l’insecte.” Pulvérisé à raison de 20 kg par hectare, des différences significatives par rapport au témoin non traité ont été enregistrées en particulier sur le nombre de larves.

Action sur la grillure

Concernant les dégâts de grillures, là encore, des différences significatives ont été constatées. Sur certains sites, toutefois, aucun effet visible de l’argile kaolinite calcinée n’a été observé mais compte tenu de ces résultats, cet essai est reconduit afin de les confirmer. Ont également été testés les purins de fougères, aux effets insectifuges, réalisés par les vignerons. “ Les résultats obtenus sont inférieurs à ceux que procure l’argile. Les efficacités sont partielles, de l’ordre de 40 %. Le problème avec le purin est la répétabilité des essais car il s’agit d’un produit vivant dont les caractéristiques varieront avec la qualité de l’eau utilisée et le process mis en œuvre. Mais  dans le cas d’une faible pression de l’insecte, le purin de fougère peut suffire et en plus, il est économique. Il peut même être associé en alternance avec l’argile en débutant par des traitements au purin et un dernier traitement à l’argile ce qui permettra de protéger le feuillage même après les vendanges ” , indique Éric Maille. L’implantation de bandes fleuries a également fait l’objet d’une expérimentation, l’objectif étant de favoriser la biodiversité dans la parcelle et d’accroître la présence d’auxiliaires prédateurs polyphages. Le semis a été effectué un rang sur deux. “ Dans deux sites sur trois, nous avons constaté une efficacité de 40 à 50 %, mais en 2011 la très faible pression de cicadelles ne permet pas de tirer de conclusions. ” L’usage de zéolithe, roche volcanique dont la pulvérisation perturbe la ponte et la nutrition des insectes, testée sur deux sites n’a donné une réponse positive que sur un site. Ce produit sera à nouveau évalué. Quant au sulfate de magnésie, aucun résultat visible n’a été constaté.
 

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