Domaines viticoles : un marché actif qui attire les investisseurs chinois

Arielle VERLEY

Domaines viticoles : un marché actif qui attire les investisseurs chinois

En dépit de la crise, les transactions de domaines viticoles français se multiplient avec l'émergence d'une nouvelle génération d'investisseurs asiatiques et notamment Chinois, séduits par les vignes du Bordelais.

"Le marché est actif avec des transactions dont le nombre a doublé en 20 ans et avec un prix à l'hectare multiplié par trois", a affirmé mardi Michel Veyrier, l'un des fondateurs du réseau Vinéa, spécialisé dans le foncier viticole. "Malgré les tumultes économico-politico-financiers qui règnent depuis 2008, le patrimoine viticole français se révèle être une valeur ferme et fiable", a assuré M. Veyrier qui présentait une étude sur ce marché.

Sur les 800.000 hectares que compte le vignoble français, près de 20.000 ha ont changé de mains chaque année, soit 2,5% des surfaces.  Le montant annuel des investissements (achats et rénovations) s'élève entre 1 et 3 milliards d'euros. Ainsi, en moyenne, pour acheter une propriété viticole il faut débourser entre deux et quatre millions d'euros, selon M.Veyrier. Les prix moyens à l'hectare ne cessent de croître depuis 1990. Ils suivent, voire dépassent la courbe du marché immobilier.

C'est surtout vrai pour les crus en appellation d'origine contrôlée (AOC) dont les prix sur les deux dernières décennies ont enregistré une hausse annuelle de 9%. Sur ce marché très courtisé, la valeur de l'hectare a ainsi été multipliée par cinq, se valorisant entre 100.000 euros et quelques millions d'euros l'hectare. Parfois les variations sont plus fortes, en Bourgogne, par exemple, le prix moyen à l'hectare pour les crus AOP Volnay et Meursault est passé en 20 ans de 100.000 euros à 1,5 million d'euros. En Champagne aussi les prix se sont envolés.

Le marché des appellations génériques en AOC comme le Bordeaux, le Bourgogne ou encore le Côtes-du-Rhône a baissé mais ce recul est largement compensé par l'immobilier qui lui est affecté. Les prix varient entre 15.000 et 20.000 euros l'ha. Les prix sur le marché des vins de pays (actuellement IGP, indication géographique protégée) sont aujourd'hui stables, oscillant entre 10 et 15.000 euros l'ha.

Quant aux crus d'exception, ils sont eux hors marché tant les transactions sont rares. Les cotations peuvent atteindre des sommets: fin 2011, un grand blanc de Bourgogne en Côte-de-Beaune a été valorisé à plus de 20 millions d'euros l'hectare.

Les Français restent 1er acheteurs

Les régions viticoles du sud méditerranéen (Provence, Languedoc-Roussillon et Côtes du Rhône), l'Aquitaine et le Val de Loire représentent plus de 70% des transactions, loin devant les régions de Cognac, Bourgogne et Champagne.

Les Français restent les premiers acheteurs (60%) du vignoble hexagonal mais le marché voit émerger une nouvelle génération d'investisseurs. Après avoir apprécié les vins de Bordeaux dont leur pays est le premier importateur, les hommes d'affaires chinois misent sur le patrimoine foncier viticole.

En 2012, plus de trente domaines du Bordelais passeront sous pavillon chinois contre une quinzaine en 2011 et un seul en 2010, a affirmé Olivier Vizerie, à la tête d'une agence installée à Bordeaux et membre du réseau Vinéa.

Certes "l'engouement de la clientèle chinoise est fort" mais la région compte plus de 8.000 châteaux, relativise le spécialiste qui souligne aussi que "Bordeaux a toujours attiré des vagues d'investisseurs étrangers. Après les Hollandais, il y a eu les Anglais, les Japonais..".

Mais les investisseurs chinois ont jeté leur dévolu sur d'autres régions. En 2011, ils ont réalisé des opérations en Val de Loire (Touraine), dans la Vallée du Rhône (Châteauneuf-du-Pape et Côtes du Rhône Villages) ainsi qu'en Bourgogne.

Source AFP

Publié par Arielle VERLEY

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