Du vin dans le rayon de Roquefort : Du chateauneuf élevé en Aveyron

Magali-Eve Koralewski

Maison rouge, négociant en vins de la vallée du Rhône, a tenté l'expérience d'élever ses millésimes d'exception dans des caves situées dans la région d'appellation du roquefort. Et le résultat qualitatif est au rendez-vous.

“ Le premier millésime expérimental a été celui de 2001. Un témoin a été élevé dans le Vaucluse, tandis qu'environ 35 hl de châteauneuf-du-pape, gigondas et de vacqueyras triés sur le volet ont été transportés jusqu'en Aveyron, puis mis en barrique dans des caves en pierre du xiie siècle. Ces caves fraîches n'étaient pas destinées à l'affinage du roquefort mais utilisées pour entreposer de la nourriture ”, explique Jérôme Busato, directeur de Maison Rouge(1). Et les résultats convaincants motivent l'oenologue à réitérer l'expérience en 2005 et 2007, deux millésimes d'exception, sur des volumes plus élevés. “ Les vins vieillissent beaucoup plus lentement dans les caves d'Aveyron car la température est basse : moins de cinq degrés en hiver et maximum quinze l'été. La couleur et les arômes primaires des vins sont nettement mieux conservés. Les vins évoluent plus lentement, leur potentiel de garde est ainsi augmenté ”, poursuit Jérôme Busato. Seul hic : les caves sont très sèches et il est nécessaire d'humidifier les fûts car la consume peut atteindre neuf litres par barrique bordelaise d'un vin.

L'élevage des vins du négoce Maison rouge en Roquefort confère à ses cuvées un potentiel de garde plus élevé, pour un coût de 15 % supérieur à un élevage et un embouteillage locaux. (Maison Rouge)

L'élevage des vins du négoce Maison rouge en Roquefort confère à ses cuvées un potentiel de garde plus élevé, pour un coût de 15 % supérieur à un élevage et un embouteillage locaux. (Maison Rouge)

Pas de hasard

Et la technique d'élevage est millimétrée. “ Nous avons sélectionné avec Seguin Moreau des barriques de chauffe moyenne d'un an pour préserver le fruité de nos vins, majoritairement fait de grenache noir. Un bâtonnage régulier permet d'aboutir à l'autolyse complète des lies et ainsi d'apporter du gras aux vins ”, précise-t-il. Au final le résultat qualitatif est là, mais cela “ coûte très cher, ce n'est pas encore tout à fait rentable, mais le jeu en vaut la chandelle ”, estime Jérôme Busato.

(1) La société de négoce, fondée en 2002, réunit Jérôme Busato, Chéli Alberca sa femme, et Bernard Bosc, ami du couple et détenteur des caves en Roquefort.

Source Réussir Vigne Juin 2009

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