Enquête : Itinéraire pour un vin médaillé

Magali-Eve Koralewski

Une étude conduite à l'Inra d'Angers cherche à définir l'éventuel enchaînement de facteurs qui conduirait à l'obtention d'une médaille pour les vins.

“ Il n'y pas de voie royale pour obtenir une médaille mais bien plusieurs chemins. La méthode employée a cependant permis de dégager les pratiques et les variables fortement liées aux médailles ”, explique René Morlat, chercheur à l'Inra d'Angers. 905 cuvées de vins rouges (anjou saumur) et 259 cuvées de vins liquoreux (coteaux du layon), produites chez 261 vignerons différents, ayant toutes reçu une médaille aux Concours des Ligers ou au Concours agricole de Paris, ont fait l'objet d'une enquête précise. Pour chaque vin, les critères socio-économiques, agro-viticoles, l'influence du terroir et des pratiques oenologiques ont été renseignés. Un traitement statistique de toutes ces données a ensuite permis de dégager des relations fortes pour certaines variables. “ Sur le plan socio-économique par exemple, les vins médaillés sont fréquemment issus de vignerons fortement impliqués dans des organismes professionnels ou descendants de familles vigneronnes ”, constate René Morlat.

Selon une étude Inra, s'il n'existe pas de “ voie royale ” pour obtenir une médaille, certains facteurs semblent prépondérants, comme la valeur de réserve en eau des sols pour les vins rouges. (DR)

Selon une étude Inra, s'il n'existe pas de “ voie royale ” pour obtenir une médaille, certains facteurs semblent prépondérants, comme la valeur de réserve en eau des sols pour les vins rouges. (DR)

Les facteurs du milieu sont prépondérants

Autre variable fréquemment liée aux médailles : les facteurs du milieu. “ Pour les vins rouges, la valeur de réserve en eau des sols et le potentiel de vigueur et de précocité de la vigne sont les premières variables d'influence. Sur les vins liquoreux, c'est le type de sol qui a la plus forte influence ”, indique René Morlat. Pour les vins rouges, la diversité génétique du matériel végétal a été relevée. Côté pratiques oenologiques : pour les vins rouges, le levurage est systématique alors que pour les vins liquoreux, c'est la fermentation spontanée qui prime. “ C'est assez logique dans la mesure où les producteurs cherchent une fermentation la plus lente possible en modifiant la matière première le moins possible sur vins liquoreux. Pour ces mêmes vins, un soin particulier du pressurage est apporté. ” Le chercheur souligne toutefois le caractère subjectif lié à la dégustation qui incite à relativiser les résultats. Reste que les principaux traits et liens qui sont ressortis de cette étude sont les mêmes que ceux cités par les vignerons comme critère important pour obtenir un vin de bonne qualité à savoir le terroir, les pratiques agro-viticoles, le matériel végétal et en dernier lieu les pratiques oenologiques.

Source Réussir Vigne Avril 2010

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