Enrichir les vins liquoreux par des techniques soustractives

Magali-Eve Koralewski

Enrichir les vins liquoreux par des techniques soustractives
L'osmose inverse plutôt que la chaptalisation ? (P. Cronenberger)

Les producteurs de liquoreux souhaiteraient que les techniques soustractives d'enrichissement soient autorisées comme alternative à la chaptalisation. D'autant que des expérimentations en ont démontré l'intérêt.

L'utilisation de techniques soustractives d'enrichissement, notamment l'osmose inverse, comme alternative à la chaptalisation fait l'objet d'une demande récurrente auprès de l'Inao par les producteurs de vins liquoreux. Alors que la chaptalisation pourrait être remise en cause d'ici 2012, le dossier est remis à l'ordre du jour. “ L'élaboration de vins liquoreux de qualité nécessite un certain taux de sucre dans les moûts. Et sur une période d'environ un mois de vendanges avec des passages successifs dans les vignes, il arrive que les conditions climatiques dégradent une partie de la récolte du fait d'une brume ou d'une pluie qui diminue ces teneurs en sucre. Et certains millésimes sont aussi plus difficiles. Il est donc nécessaire d'avoir des outils pour relever ce niveau de sucre et maintenir une bonne qualité des vins. Et plutôt que de chaptaliser, l'élimination d'eau par osmose inverse s'avère être une technique très intéressante ”, explique Daniel Duperret, président du syndicat de l'appellation monbazillac.

Des vins préférés en dégustation

Des expérimentations menées de 1999 à 2004, à l'Enitab, par Jean-Christophe Barbe, actuellement maître de conférence à la faculté d'oenologie de Bordeaux, ont en effet démontré l'intérêt de cette technique, dans la limite des 2 %. vol autorisés, par rapport à la chaptalisation. Et notamment, les analyses sensorielles ont montré que les vins préférés étaient toujours ceux enrichis à l'aide d'une technique soustractive. Et dans 97 % des cas, les vins étaient mieux notés que les vins chaptalisés, tant au niveau olfactif (intensité, netteté, complexité, typicité) que gustatif (équilibre, gras et longueur en bouche). Reste à savoir si ces arguments finiront par avoir la faveur de l'Inao.

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