Entretien du sol : Des stratégies d'enherbement à l'étude

Claudine Galbrun

L'IFV Sud-Ouest est en train de tester différentes espèces de couvert végétal peu concurrentielles vis-à-vis de la vigne, dans l'optique d'une suppression complète des herbicides.

Trois sites expérimentaux ont été retenus dans le Sud-Ouest afin de tester différentes espèces de couvert végétal répondant aux critères suivants : concurrence limitée vis-à-vis de la vigne, bonne installation de la couverture végétale et pérennité, couvert peu poussant afin de limiter les tontes, adéquation aux conditions pédoclimatiques. Ces essais ont été implantés en 2007. Au désherbage chimique constituant la référence, ont été comparées des modalités désherbage mécanique, enherbement naturel et enherbement semé. Dans ce dernier cas, l'Institut a étudié les réactions d'un mélange de semences à dominante de fétuque ovine (65 %), implanté dans les côtes du frontonnais, d'un autre à dominante de fétuque rouge traçante (60 %) et un troisième à dominante de koelaria macrantha (50 %), ces deux derniers étant situés dans les côtes de gascogne. Dans chacun de ces mélanges, ont été introduit 10 % de ray-grass anglais afin de faciliter l'implantation du couvert. Sur le plan de la fertilité, après deux ans de pratique de l'enherbement total, aucune différence significative avec la modalité désherbée chimiquement n'a été constatée.

Les modalités enherbées testées à Fronton ont entraîné une augmentation des teneurs en anthocyanes et en polyphénols des vins qui en sont issus. Des résultats à confirmer. (DR)

Les modalités enherbées testées à Fronton ont entraîné une augmentation des teneurs en anthocyanes et en polyphénols des vins qui en sont issus. Des résultats à confirmer. (DR)

Analyse du paramètre de stress hydrique

À également été analysé le paramètre stress hydrique. “ Bien que les millésimes 2007 et 2008, caractérisés par une pluviométrie régulière et abondante, ne soient pas représentatifs d'une année type, des tendances dans les potentiels hydriques foliaire de tige ont néanmoins été enregistrés entre les modalités ”, indique Laure Gontier, de l'IFV Sud-Ouest. Ainsi que le mélange à dominante de koelerie a un comportement proche du témoin désherbé chimiquement et serait moin concurrentiel que l'enherbement naturel et le mélange de graminées à dominante fétuque rouge. “ Ces différences de comportement constatées seront intéressantes à creuser dans des conditions de stress hydrique plus marquées ”, souligne Laure Gontier.

En ce qui concerne le rendement, si aucune répercussion n'a été enregistrée la première année, tel n'a pas été le cas, après deux ans d'enherbement total, alors que le couvert s'est bien développé. Dans les côtes de gascogne, une diminution significative des rendements (cépage colombard) sur les modalités enherbées avec un poids moyen de la grappe inférieur de 25 % (moyenne des trois modalités en enherbement total) a été observée. Dans le frontonnais (cépage négrette), la diminution de rendement est moindre : comprise entre 10 et 14 %. A également été notée une moindre richesse des moûts en azote sur les modalités en enherbement total. À la dégustation des vins issus de la première année d'essais, aucune différence marquée n'a été mise en évidence. Les vins issus de la campagne 2008 sont en cours d'analyse. En revanche, une augmentation de la teneur en polyphénols et en anthocyanes a été remarquée sur les moûts rouges issus de l'essai basé à Fronton à partir des modalités enherbées. Ces premiers résultats devraient être approfondis au cours des prochaines campagnes.

Source Réussir Vigne Juillet-Août 2009

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