Essais : La réglementation pourrait nuire à l'irrigation

Claudine Galbrun

Selon une première étude menée dans l'Aude, l'irrigation post-véraison permettrait d'améliorer la production d'un vin de pays. Mais la réglementation l'interdit.

L'IFV de Nîmes coordonne une étude sur trois ans dans trois départements (Aude, Hérault,
Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var, Gard) afin d'évaluer dans quelles conditions pourrait être maintenu le rendement et la qualité en situation de contrainte hydrique tardive. Autrement dit : une irrigation tardive, soit post-véraison serait-elle favorable ? Selon de premiers résultats accumulés par la chambre d'agriculture de l'Aude sur l'année 2009, et dans un objectif de production d'un vin de pays rosé, le fait d'irriguer jusqu'à la récolte serait très positif. “ Dans cet essai, l'intérêt de maîtriser l'itinéraire hydrique jusqu'à la récolte a été démontré ”, indique Sabine Dainese, de la chambre d'agriculture de l'Aude. Dans les modalités irriguées après véraison, soit après le 15 août, le poids des 100 baies est plus élevé par rapport au témoin et la défoliation a été largement diminuée, les caractéristiques du moût n'étant pas différentes de celles du témoin non irrigué sur les principaux paramètres analytiques.

Selon les premiers résultats enregistrés dans l'Aude, une irrigation tardive serait favorable au maintien des rendements et de la qualité. (C. Bioteau)

Selon les premiers résultats enregistrés dans l'Aude, une irrigation tardive serait favorable au maintien des rendements et de la qualité. (C. Bioteau)

Maîtriser les profils de vins souhaités

Quant à la modalité irriguée jusqu'à la véraison, si le poids des 100 baies est identique à celui du témoin non irrigué, elle a néanmoins subi une reprise de croissance et une défoliation plus importante. Dans cette situation, un sevrage brutal de l'irrigation, conformément à la réglementation, pourrait avoir des conséquences plus néfastes que l'absence d'irrigation. Les caractéristiques du moût s'en trouvent de plus affectées avec une concentration en sucres plus faible et une acidité plus élevée par rapport au témoin. “ Au vu de ces premiers résultats, l'étude devra être poursuivie et élargie afin de montrer ou non que la réglementation n'est pas adaptée et qu'irriguer serait peut-être nécessaire au-delà de la véraison afin de maîtriser les profils de vins souhaités notamment dans un objectif de production de vins de pays ”, souligne Sabine Dainese.

Source Réussir Vigne Avril 2010

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