Etude sur les risques neuro-comportementaux des ouvriers viticoles

Marion Ivaldi - Réussir Vigne Juillet-Août 2012

Etude sur les risques  neuro-comportementaux  des ouvriers viticoles
L'enquête a été menée auprès de 929 ouvriers viticoles dont 748 ouvriers exposés directement ou indirectement aux pesticides en viticulture et 181 ouvriers n’ayant jamais été exposés à ces produits. © P. Cronenberger

L’équipe d’Isabelle Baldi, de l’Université de Bordeaux Segalen, vient de livrer les premiers résultats d’une enquête sur les troubles neurologiques associés à une exposition aux pesticides d’une population d’ouvriers viticoles.

“ Les ouvriers directement exposés aux pesticides réalisent des performances plus basses aux tests neuro-comportementaux que les ouvriers indirectement exposés, qui eux-mêmes réalisent des performances plus basses que les ouvriers non exposés ”, indique l’étude Phytoner d’Isabelle Baldi, chercheur à l’Institut de Santé publique d’épidémiologie et de développement de l’Université de Bordeaux Segalen. Cette étude a débuté en 1997, lors d’une enquête auprès de 929 ouvriers viticoles dont 748 ouvriers exposés directement ou indirectement aux pesticides en viticulture et 181 ouvriers n’ayant jamais été exposés à ces produits. Ils ont tous participé à un entretien visant à évaluer leurs performances neuro-comportementales. Environ deux tiers d’entre eux ont ensuite participé à des tests neuro-comportementaux entre 2001 et 2003.

Une évolution vers des maladies neuro-dégénératives ?

La comparaison des résultats obtenus en 1997 et le début des années 2000 montre que “ les troubles observés à la première phase persistaient, et qu’ils tendaient à s’accroître plus nettement au cours du temps chez les personnes exposées aux pesticides ”. Par ailleurs, “ les tests les plus concernés par la baisse des performances font appel aux fonctions fines de la cognition, c’est-à-dire celles qui permettent au niveau du cerveau de gérer les liens entre les informations entrantes et sortantes (attention, mémoire contrôlée, abstraction), en particulier lorsqu’ils sont chronométrés ”. Interrogée sur l’étude, l’Union interprofessionnelle de la protection des plantes a indiqué : “ être surprise des résultats indiqués et ne pas être en mesure d’apporter d’éléments spécifiques en absence d’études similaires ”.
Une troisième phase d’enquête est en cours. Elle cherchera notamment à répondre aux risques d’évolution des troubles vers des maladies neuro-dégénératives type Alzheimer ou Parkinson. Les résultats de ce troisième volet sont attendus pour la fin d’année.

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