Hautes-Alpes : Renaissance du mollard

Magali-Eve Koralewski

Marc Allemand, viticulteur dans les Hautes-Alpes, a permis, grâce à un travail mené avec l'Entav, de sauvegarder le mollard, cépage traditionnel de sa région viticole.

Il y a quinze ans, Marc Allemand a engagé en travail en collaboration avec l'Entav (Établissement national technique pour l'amélioration de la viticulture) pour préserver et sauvegarder le cépage rouge emblématique de sa région viticole des Hautes-Alpes : le mollard. “ Il n'y avait pas de plants certifiés du mollard. Avec l'Entav nous avons, à partir des vignes de la région, refait une sélection ”, explique Marc Allemand. Sur les quinze clones prélevés, deux seront finalement gardés après dix ans d'études. En 2005, Marc Allemand plante une vigne mère, c'est-à-dire une parcelle contenant les plants de base. “ La vigne mère produit des sarments qui servent à la production de nouveaux plants certifiés de mollard. J'ai d'ailleurs l'agrément pour produire ces plants et les proposer aux pépiniéristes ou aux viticulteurs ”, précise Marc Allemand.

Marc Allemand, viticulteur dans les Hautes-Alpes : “ Le nom mollard est un nom des montagnes couramment utilisé dans la région pour désigner notamment les cônes formés par les torrents. ” (DR)

Marc Allemand, viticulteur dans les Hautes-Alpes : “ Le nom mollard est un nom des montagnes couramment utilisé dans la région pour désigner notamment les cônes formés par les torrents. ” (DR)

Un succès croissant

Ce cépage suscite l'intérêt des viticulteurs des Hautes-Alpes. “ De plus en plus de viticulteurs s'y intéressent et délaissent la syrah qui a été plantée il y a quinze ans et qui a une mortalité élevée finalement ”, constate Marc Allemand. D'autant que le mollard donne des vins typés et reste facile à cultiver. “ Le mollard a un bon rendement, des grappes assez grosses faciles à vendanger et les vins qui en sont issus ont un goût poivré qui plaît. Notre domaine a été le premier à obtenir la mention d'un vin de pays cépage mollard. Nous avons obtenu une récompense aux Vinalies l'année dernière ”, souligne-t-il. Et le vigneron ne s'en tient pas là. Une nouvelle démarche avec l'Entav est en cours pour sauvegarder deux autres cépages locaux : l'espanenc (appelé plant droit également) et le téoulier, qui complètent traditionnellement à hauteur de 20 à 40 %, l'assemblage avec le dollard.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Vigne de décembre 2009 : « Les enjeux de la sélection végétale ». R. Vigne n°158, p.18 à 47.

Source Réussir Vigne Décembre 2009

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