L'assurance, pour couvrir les frais

Clara de Nadaillac

L'assurance, pour couvrir les frais
La souscription à un contrat d'assurance est notamment intéressante pour les parcelles situées sur un couloir de grêle. - © Patrick Cronenberger

Le premier outil de protection qui vient à l'esprit est bien évidemment l'assurance. Très peu usité en viticulture, puisque seules 23,5 % des surfaces sont actuellement couvertes, ce dispositif est en pleine refonte. Le point sur ses nouvelles modalités.

L'assurance, pour couvrir les frais
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« L'assurance offre une visibilité sur la trésorerie »

Témoignage de Laurent Querion, coopérateur à Donnezac livreur à la cave de Tutiac (Gironde)

« Je me suis installé en 2012, à 40 ans, après avoir été salarié de la coopérative durant plusieurs années. J'ai de suite souscrit une assurance, mais uniquement pour la grêle, la multirisques étant trop chère. Dans mon contrat, j'ai choisi d'assurer un revenu à l'hectare, afin de garantir la rentabilité de mon exploitation. L'assurance a joué dès ma première année d'installation. En 2012, trois hectares ont été frappés par la grêle, et je n'ai récolté que 10 hl/ha. Le fait d'avoir une assurance m'a bien aidé. Tout d'abord, cela m'a permis d'avoir une visibilité sur ma trésorerie, sur mes charges… En effet, deux jours après l'orage, des experts sont venus et m'ont dit combien j'allais toucher. Ensuite, avant la fin de l'exercice, j'avais mon chèque. L'indemnité a couvert mes pertes à 80 % environ. C'était important pour moi, car j'ai beaucoup d'investissements sur le dos. L'inconvénient de l'assurance est son prix. Mais ne pas en avoir met en péril la pérennité de l'exploitation et de l'outil de production. »

Source : Réussir Vigne de juillet-août 2015.

Le nouveau contrat d'assurance, dénommé contrat socle, cher à Stéphane Le Foll et au président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer Jérôme Despey, devrait être effectif pour cet automne. Facultatif, il se veut un véritable outil en cas de coups durs. En voici d'ores et déjà les principales modalités.

Comme toutes les assurances privées ou professionnelles, le principe de ce contrat est d'assurer un capital donné, afin qu'en cas de destruction de ce capital, l'assuré soit indemnisé. Plusieurs niveaux de plafonds seront disponibles, en fonction du niveau de valorisation du produit. La détermination de ces plafonds sera basée sur un chiffre d'affaires à l'hectare, avec une approche régionale. Le taux de financement pour le contrat de base (socle) est fixé à 65 %, comme c'est déjà le cas à l'heure actuelle pour l'assurance récolte. Un premier niveau d'options pourra également être subventionné, mais à un niveau moindre ; l'ensemble contrat socle et premier niveau devrait apporter un niveau de garanties équivalent au système d'assurance récolte actuel. De plus, un deuxième niveau d'options sera disponible, mais non subventionné.

Une enveloppe de 100 millions d'euros

À compter de 2015, ce dispositif sera financé à 100 % sur des crédits communautaires dans le cadre du second pilier de la PAC. L'enveloppe prévue est de 100 millions d'euros. Reste que les problèmes rencontrés sur les virements de l'aide cette année risquent de porter ombrage à ce nouveau système. Par ailleurs, si cet outil n'est pas très répandu en viticulture, c'est parce que les exploitants le trouvent trop cher. Pas sûr que cette nouvelle mouture corresponde davantage à leurs attentes.

Néanmoins, lorsque l'exploitation se trouve sur un couloir de grêle ou dans une zone particulièrement sujette aux intempéries, l'assurance revêt un réel certain. Elle permet de pallier au manque de rentrées et de payer les charges de l'exploitation l'année du dégât. Mais elle ne prend pas en compte les dégâts sur l'année n + 1 et surtout, elle ne permet pas de répondre à la demande des marchés. En ce sens, elle est complémentaire du VCI et du VSI.

Source Réussir vigne

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