La France veut défendre son appellation "Château"

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La France veut défendre son appellation "Château"

Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, refuse de céder le droit aux vignerons américains d'exporter vers l'Europe des vins portant la mention "château". Un avis que ne partage pas tous les États-membres européens.

Les experts des 27 pays de l'UE doivent se retrouver aujourd’hui à Bruxelles pour évoquer la demande d'autorisation déposée par les Etats-Unis, et éventuellement procéder à un vote. "La Commission veut lâcher sur l'appellation ‘château’, ce à quoi la France est opposée", a souligné Stéphane  Le Foll en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.

Mi-septembre, la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB) avait accusé la Commission européenne de vouloir "brader la mention château aux exportateurs américains", mettant en garde contre "une distorsion de concurrence à l'égard de nos exploitations viticoles et une tromperie pour les consommateurs".

En France, la mention "château" désigne un vin d'appellation d'origine contrôlée issu à 100% de raisins récoltés et vinifiés sur la propriété, rappelle la FGVB. La demande américaine, qui remonte déjà à 2010, porte sur une définition moins restrictive, pour des vins produits par un producteur ou un groupe de producteurs à partir de raisins issus de leurs vignes, ou de vignes "qui ont été traditionnellement exploitées" par ce producteur ou groupe de producteurs. Le Chili et le Canada ont déjà négocié ce droit, même s'ils n'en font qu'un usage limité.

Paris plaide pour un report de  la décision

Le droit américain est également moins restrictif que le nôtre et permet,  par exemple,  à des vins de n'être produits qu'à base de 75% de raisins d'un terroir donné pour bénéficier d'une appellation d'origine contrôlée, relève la FGVB.  Outre la France, l'Italie et le Luxembourg autorisent également la mention "château", mais cela ne concerne que très peu d'exploitations. 

Selon une source diplomatique française, Paris plaide à présent pour que la décision soit reportée dans le cadre des négociations plus générales sur un accord de libre-échange avec les États-Unis, où de nombreux points restent à résoudre comme celui des vins bio, qui ont une définition nettement moins restrictive aux États-Unis qu'en Europe.

Bruxelles fait valoir que les Américains ont déjà fait un pas envers l'UE, en autorisant l'importation des vins européens de cépage avec mention du millésime, ou en restreignant l'utilisation des termes tels que Champagne, Sherry (Xérès) et Porto.

En 2011, l'UE a exporté vers les États-Unis pour 2,2 milliards d'euros de vins.

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