Le monastère de solan : Une aventure agroécologique

Claudine Galbrun

Peu importe d'être croyant ou non croyant pour porter de l'intérêt au Monastère de Solan. L'oeuvre, et le livre, sont avant tout une invitation à la réflexion sur le métier de paysan, sur l'écologie et bien au-delà sur la vie. Il raconte l'aventure des soeurs du monastère orthodoxe de Solan, dans le Gard, qui en 1992 ont choisi ce lieu et décidé d'y restaurer l'ancien domaine agricole. “ Elles se sont lancées dans l'agriculture sans en connaître les premières bases. C'était le début d'une longue histoire… ”, écrit Thierry Delahaye, auteur de cet ouvrage illustré de superbes photographies du travail des vignes. Pour remettre en valeur les terres, les soeurs ont fait le choix de l'agroécologie, seule voie selon elle pouvant leur permettre de réaliser leur projet d'unir la liturgie et le travail de la terre, en cohérence avec la religion orthodoxe et sa conception de la place de l'homme dans la nature. Un choix qui dépasse également l'alternative technique pour devenir un manifeste politique et écologique, basé sur le respect des écosystèmes, la protection de l'environnement et la recherche d'un développement agricole de qualité qui combine les approches économique, sociale et environnementale.

Editions Acte Sud, 29 euros, 120 pages. (DR)

Editions Acte Sud, 29 euros, 120 pages. (DR)

Pierre Rabhi, le philosophe paysan, en est le penseur. Sa rencontre avec les soeurs a été déterminante. “ Il a osé nous dire : la terre, c'est l'avenir ! ”, racontent les moniales. Cet ouvrage n'est pas entièrement consacré au vin, même si celui-ci tient une place prépondérante à Solan.Restant à l'écoute de leur terre, et aidées notamment par des sommeliers et des vignerons, les soeurs ont mis en place un traitement par microparcelles des cépages et des terroirs, pour les vendanges, faites à la main en petites caisses, comme pour la vinification effectuée en cuves séparées. Les soeurs produisent des vins de terroir et assemblent les différents cépages. “ Chaque assemblage correspond à une cuvée et est porteur d'un esprit. ” Pour Pierre Rabhi, “ les soeurs de Solan font partie des consciences éveillées qui réfléchissent à notre impact sur la terre (…). Elles savent que notre modèle de société, tel qu'il est, n'est pas aménageable et qu'il faut contribuer à l'avènement d'un monde qui ait une âme ”.

Source Réussir Vigne Septembre 2011

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