Le vin dans la CE : 5. Conséquences prévisibles dans le contexte viticole mondial actuel

Laurence Berlemont

Comme les chiffres le montrent en introduction, dans un contexte mondial dynamique, on peut, dans un premier temps, s'étonner des préliminaires et constats pessimistes de la CE. Plusieurs raisons peuvent être la cause de la baisse de la consommation en Europe. Certaines sont les conséquences de choix politiques forts sur lesquels on ne voudra pas revenir en arrière comme les campagnes de prévention contre l'alcoolisme. D'autres sont les conséquences de changements de modes de vie en Europe pour lesquels il sera difficile d'inverser la tendance.

A l'échelle mondiale en revanche, il est montré depuis plusieurs années que certains pays émergeants, avec des niveaux de vie en forte augmentation, se tournent vers la consommation de vins, produit à la fois alimentaire et culturel.

Avec l'ancienneté et l'image haut de gamme de nos vins, notre énergie devrait être essentiellement consacrée à essayer de conquérir ces nouveaux marchés en pleine expansion...

Ainsi quand certains pays plantent par ecntaines d'hectares (Australie, Nouvelle-Zélande), que d'autres débloquent d'immenses budgets pour permettre à de nouveaux vignerons de s'installer (Inde) en leur mettant à disposition des infrastructures, plateformes logistiques, prêt de matériel, on se cantonne, en Europe, à mettre en place des mesures visant à arracher les vignes (primes à l'arrachage), à détruire les récoltes (primes à la vendange en vert) et à détruire les vins élaborés (primes à la distillation) sans permettre aux vignerons qui le demanderaient, les plantations nécessaires à leur développement.

La solution qui consiste à réduire la production parce que les ventes se portent mal est basée sur un raisonnement à la fois faux et dangereux.

Faux : car réduire la production de vins va diminuer d'autant la présence des vins de la CE au niveau mondial et donc affaiblir d'autant leur image et leur poids commercial.

Dangereux : car :

- Premièrement, certains vignerons ne pourront pas répondre aux demandes et perdront donc des parts de marché face à des producteurs de pays tiers, qui eux, n'auront pas de freins à la production,

- Deuxièmement, parce que les viticulteurs les plus dynamiques, freinés dans leurs activités de production de vins vont se diversifier et se tourner vers des activités complémentaires (de type oléicole dans les régions qui le permettent, touristique, ou autre) ce qui leur permettra un développement économique correct à l'échelon individuel, mais qui, à long terme, et à l'échelle de l'Europe contribuera à réduire l'activité viticole,

- Troisièmement, le coût direct, en terme d'aides attribuées, est extrêmement élevés,

- Quatrièmement, l'augmentation énorme des contrôles, dus à l'accumulation des mesures d'aides, présente un coût supplémentaire (contrôleurs, services administratifs...).

Source Le trait d'union

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