Les addictologues inquiets de la nomination d'une ex-lobbyste du vin comme conseillère de Macron

AFP

Les addictologues inquiets de la nomination d'une ex-lobbyste du vin comme conseillère de Macron
Audrey Bourolleau, à droite d'Emmanuel Macron, lors du salon de l'agriculture.

Onze associations d'addictologues et six experts en santé publique se déclarent inquiets samedi de la nomination d'Audrey Bourolleau, ex-déléguée générale de Vin et Société, une instance de lobbying du vin, au poste de conseillère agriculture d'Emmanuel Macron.

"La nomination d'une représentante de la filière alcool ne manque pas d'inquiéter sur les conflits d'intérêts qui pourraient survenir au détriment de la santé publique", écrivent-ils dans un communiqué publié sur internet. "Pour les acteurs de la santé publique, le risque est que la politique agricole et viticole se fasse au détriment d'une politique efficace de lutte contre les consommations nocives d'alcool", poursuivent-ils.

Rappelant la volonté affichée par Emmanuel Macron de moraliser la vie publique, ces associations et experts invitent le président de la République "à appliquer cette politique dans le choix de ses conseillers". Les signataires regroupent notamment la Fédération française d'addictologie, l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie et le Collège professionnel des acteurs de l'addictologie hospitalière, ainsi que les experts Gérard Dubois, Irène Frachon, Claude Got, Serge Hercberg, Catherine Hill et Albert Hirsch.

A l'Elysée, interrogé par l'AFP, on observe cependant qu'Audrey Bourolleau "rejoint le cabinet d'Emmanuel Macron en tant que conseillère en charge des questions d'agriculture et de développement durable, et non pas de santé". "Ce choix correspond à la volonté d'Emmanuel Macron de faire participer des membres de la société civile à l'action de l'exécutif", fait-on également valoir, précisant qu'elle a été "choisie en raison de ses compétences et de sa connaissance des filières agricoles". 

« Défendre une filière »

L'Elysée souligne aussi que "l'emploi qu'elle avait exercé avait vocation à défendre une filière, et non des entreprises privées", et qu'elle "s'est soumise évidemment à toutes les obligations dévolues aux conseillers en matière de déclaration de patrimoine et d'intérêts".

Depuis sa nomination, Audrey Bourolleau a démissionné de ses fonctions de déléguée générale de l'association Vin et Société, fonction qu'elle occupait depuis 2012. Les associations et experts rappellent pour leur part que les coûts pour la société de la consommation excessive d'alcool, "deuxième cause de mortalité évitable après le tabac", sont "considérables". "La taxation sur les alcools, qui rapporte environ 3,2 milliards d'euros par an, ne représente que 37% des soins (7,7 milliards)", indiquent-ils notamment.

Ils soulignent également qu'en 2016 la Cour des comptes avait relevé que la filière vin entretenait "la confusion en finançant ses propres études pour attester de la non-dangerosité de l'alcool consommé avec modération". Ils critiquent aussi la présence au Parlement de l'Association nationale des élus de la vigne et du vin (Anev) et des groupes Viticulture, vigne et vin et Filière brassicole.

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Commentaires 3

fairytales

Bof quelle compétence , je vois Jacob , on a du mal à détecter le compétence , mais que le président de Bayer soit à l agriculture, le regrette servir aurait pu être à la médecine

CRASH38

Bourolleau conseillère en agriculture et développement durable ? Cela na pas ! Dans le pinard, peut-être mais mais elle ne s'y connait en agriculture que par les gènes de ses ancêtres agriculteurs en Deux Chèvres et par ses études à l'école de commerce de la Rochelle où on cultive les bilans ! Avec Hulot cela va être une somme d'incompétence en agriculture et avec deux incompétence on ne fait pas une compétence mais une grosse incompétence ! Dans une ferme à Usseau, elle a du encore confondre vache allaitante avec vache laitière. Cela ne fait rien, elle était entre amis et il n'y aura bientôt d'agriculture qu'en ville et sans phytosanitaires ! Comment fait-on en France sans chlortoluron ? On ira en chercher ailleurs !

lulu

l'on comprend que de nombreuses associations"a la mode"n'aiment pas trop avoir des gens compétents en face...

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