Marché mondial : Le Japon recherche une origine certifiée

Stéphane Seegers

Une des conditions de réussite sur le marché nippon est la certification d'une origine géographique, chère aux Japonais depuis peu.

Depuis quelques années, les viticulteurs japonais semblent menacés par la baisse de la production de raisins de cuve. La production de Koshu, le cépage emblématique de l'archipel nippon est passée de 14 000 tonnes en 1990 à moins de 7000 aujourd'hui. Ce résultat est entres autres dû à la baisse des surfaces agricoles mais aussi à la hausse de la demande en raisins de table et à une valorisation inférieure des variétés de cuve par rapport aux variétés de table. Le japon en arrive même à importer des moûts de raisin pour les vinifier. Ce type de vins “ japonais ” concerne aujourd'hui 70 % de la production de vins nippone. Malgré un prix de vente assez élevé, la demande de vins issus de raisins récoltés au Japon qui portent la mention d'un nom géographique est en hausse.

Carton de vin prêt pour l'expédition vers le Japon. Il faut simplifier l'étiquetage mais mettre en avant l'origine géographique. (P. Cronenberger)

Carton de vin prêt pour l'expédition vers le Japon. Il faut simplifier l'étiquetage mais mettre en avant l'origine géographique. (P. Cronenberger)

Des consommateurs sensibles aux origines des produits

De plus, du fait de nombreuses fraudes en matière d'étiquetage, les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux origines des produits et ont tendance à privilégier les produits certifiés. Par ailleurs, les mentions du type “ No Antioxydant Added ” sont très en vogue.
Des chercheurs japonais se sont penchés sur l'impact de cette situation sur les vins importés. Le Japon est tout de même le septième marché extérieur en volume et le cinquième en valeur. Pour des produits comme le champagne, sa “ présence médiatique contribue à renforcer la notoriété de l'appellation auprès des Japonais ”. Sa consommation jusqu'alors limitée aux métropoles commence à se diffuser en province. Par contre, le cas du vin de Bourgogne est différent. Les cépages chardonnay et pinot noir se sont propagés mondialement et les ventes de vins du Nouveau Monde sans indication géographique leur font une redoutable concurrence. Les chercheurs estiment qu'il est nécessaire que les Bourguignons et leurs importateurs renforcent l'image de terroir pour renforcer la valorisation de leurs produits. En particulier dans le cadre de l'action européenne de promotion vers les pays tiers. Les chercheurs s'accordent pour dire qu'il faut simplifier l'étiquetage des vins jugé trop compliqué mais qu'il faut absolument mettre en avant la certification d'une origine géographique qui a pris de la valeur aux yeux des Japonais.

Source Réussir Vigne Mars 2010

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