"On reviendra": dans des supermarchés, des viticulteurs en colère détruisent le vin espagnol

"On reviendra": dans des supermarchés, des viticulteurs en colère détruisent le vin espagnol
Crédit des photos : SVG

"On reviendra et on sera encore plus nombreux!": dénonçant une concurrence "déloyale" et des étiquetages parfois trompeurs, plusieurs dizaines de viticulteurs gardois ont "contrôlé" jeudi matin les rayons vin de supermarchés nîmois, détruisant bouteilles et fontaines à vin d'origine espagnole.

"On va leur imposer que dans le Gard, il n'y ait plus de vins étrangers dans les rayons des supermarchés: nos caves sont pleines", lance Xavier Fabre, porte-parole du nouveau Syndicat des vignerons du Gard (SVG) avant le départ d'un long convoi de voitures de dizaines de viticulteurs plutôt remontés. Première étape de l'opération menée par les Jeunes agriculteurs du Gard et le SVG qui ont convoqué la presse pour l'occasion: un Carrefour de Nîmes.

Visiblement repérée ou attendue par la direction et la sécurité, la troupe se rue vers 09H00, sous l'oeil médusé des rares clients, en direction du rayon vin. Des bag-in-box "Beaumanoir" et d'autres vins espagnols dans un packaging semblant pourtant bien français sont bientôt exhibés. "Visiblement le message n'a pas été entendu", commente le porte-parole du

SVG en allusion à l'ultimatum lancé une semaine auparavant pour ne plus "qu'un seul vin étranger soit présent dans les rayons" de la grande distribution. Les premières casses se produisent dans le rayon, où les vins incriminés ruissèlent sur le sol.

En sortant, les viticulteurs collent à travers le magasin des étiquettes du SVG "acheter un vin français c'est soutenir une économie locale... Nous produisons l'excellence, ils vous vendent la médiocrité. Non aux vins d'importation". Le "triste butin" selon l'expression d'un viticulteur quinquagénaire est éventré et brisé devant le magasin.

Même scénario à l'Intermarché de Caissargues, dans la périphérie nîmoise, mais la tension monte d'un cran: "Il ne faut pas casser ? Tu parles !", crie un viticulteur en projetant violemment devant l'entrée des bouteilles sur le sol, dans un grand fracas de verre d'où jaillissent vins rouge et rosé.

"La colère gronde"

vin SVG

Au Géant Casino Cap Costières de Nîmes, troisième et dernière escale, l'indignation est à son comble. "Sous les pancartes Languedoc Roussillon, et le meilleur d'ici avec la croix du Languedoc, on trouve sur la moitié du rayon des vins espagnols, c'est proprement scandaleux", s'exclame Xavier Fabre.

A l'extérieur comme dans le rayon, la casse est plus violente et plus massive. "On reviendra demain et la semaine prochaine et on sera encore plus nombreux", conclut Xavier Fabre sous les applaudissements avant que le groupe ne se disperse après deux heures d'opération de "contrôle".

"Depuis des mois, nous avons prévenu tous les protagonistes que la colère couvait, maintenant elle gronde et risque d'aller crescendo", souligne Delphine Fernandez, jeune viticultrice et secrétaire générale des JA du Gard. En janvier, deux cuves de camions contenant du vin espagnol avaient été déversées dans le Gard et l'Aude, entraînant des protestations officielles du gouvernement espagnol.

Depuis la fin de semaine dernière, les bureaux de Vergnes et Passerieux, l'un des plus grands courtiers en vins en France, ont été incendiés à Béziers (Hérault) et deux explosions ont visé le négociant Jeanjean à Saint-Felix-de-Lodez (Hérault). Ces trois actions, sur lesquelles enquête le SRPJ de Montpellier, ont été revendiquées par le comité régional d'action viticole (Crav), sorte de bras radical des viticulteurs ayant mené des actions violentes par le passé.

Parallèlement samedi dernier, de 1.500 à 4.000 vignerons du midi ont manifesté leur colère à Narbonne, où un rayon de supermarché a été saccagé. Jeudi, le SVG a appelé les vignerons du Vaucluse, de l'Aude ou de l'Hérault à mener eux aussi des "contrôles" dans le cadre du "bras de fer engagé avec la grande distribution".

Source AFP

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Commentaires 1

lespiedanleplat

Pourquoi aucun journaliste ne s'étonne que depuis que le SRPJ de Montpellier enquête, personne est été inquiétée alors que sur le terrain, visiblement la profession sait très bien qui sont ces personnes qui vandalisent "librement" les commerces et les négociants ? Quels sont les hommes politiques qui couvrent ces actes et laissent faire ?

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