Récolte : Vendanges 2009 : un très beau millésime

Nadège Brochard-Mémain

Retour sur la campagne écoulée, et premier bilan des vendanges.

«Tout est bien qui finit bien ». En effet, le début de la saison viticole fut encore secoué, comme les années 2007 et 2008, par une pression mildiou printanière assez forte. Il faudra attendre début juillet pour voir les attaques se raréfier, sauf pour les côtes de Grand Lieu où, suite à des rosées tenaces, des repiquages sur jeunes grappes ont eu lieu jusqu'à la fin juillet. Les champignons préjudiciables à la qualité des grappes comme le Botrytis cinerea ont été quasiment absents, aux vendanges, grâce à un mois d'août digne enfin d'un bel été !
Après s'être reposée en 2008, suite au catastrophique gel de printemps, la plante-vigne a mis en place, cette année, un beau système foliaire et des grappes en conséquence. Quelques parcelles trop vigoureuses ont pu souffrir début septembre du manque d'eau et ont vu leur maturité bloquée. La physiologie de la vigne couplée à un climat clément à partir de la mi-juillet a permis au processus de maturation de démarrer dans de bonnes conditions après un arrêt de la pousse début août.
Le mois d'août a été décisif pour la qualité, avec beaucoup de luminosité, des températures chaudes sans excès, et, en conséquence, les premiers contrôles de maturité de fin août, qui donnent un classement parmi les très bonnes années.
La courbe des sucres, si elle a suivi jusqu'aux premiers jours de septembre celle de 1997 (9°2 au 1er septembre), s'est ensuite rapprochée de 1996 après l'épisode pluvieux des 2 et 3 septembre
(+- 15mm). Ces deux jours de pluie ont été fort bénéfiques, notamment pour les vignes installées sur terroirs rudes. La pluie a également permis la dégradation des différents acides du raisin afin de donner de très bons indices de maturité (équilibre sucres/acides). Le ban des vendanges, le 10 septembre, a permis la récolte des parcelles les plus précoces, mais le temps anticyclonique a échelonné les vendanges jusqu'aux premiers jours d'octobre.

Les conditions climatiques parfaites pour le raisin l'ont été aussi pour les vignerons qui ont pu organiser leur chantier de vendanges, choisir les meilleures heures de la journée, gérer le choix des parcelles en fonction des indices analytiques parcellaires. Les pressées, les filtrations des bourbes, les macérations à froid et autres techniques, ont pu être mises en oeuvre sur un volume enfin conséquent après deux années déficitaires.
Si le melon de Bourgogne a vu ses dernières grappes vendangées vers le 25-26 septembre, la folle blanche, elle aussi, a bénéficié de l'été indien et n'a été récoltée qu'après le 25 septembre (date du ban). La pluie des 16 et 17 septembre (de 15 mm à + de 30 mm dans le pays de Retz) a fait grossir les baies, sans entraîner de détérioration sanitaire notable.
Les cépages des vins de pays furent également de la fête, les cabernets ont accueilli cette pluie d'équinoxe comme miraculeuse, car le stress hydrique commençait fortement à se faire sentir dans tous les secteurs.
En conclusion de ce premier bilan 2009 : encore une année en 9 qui tient toutes ses promesses! Reste aux vignerons à « chouchouter » leurs cuvées pour offrir des grands vins aux consommateurs .
Nadège Brochard-Mémain
Chambre d'agriculture

Source Loire-Atlantique Agricole

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier