Un bon, voire un très bon millésime

Delphine Bisson

Dans les vignes, les vendangeurs, sécateurs, et hottes sont de sortie : les vendanges débutent.
Dans les vignes, les vendangeurs, sécateurs, et hottes sont de sortie : les vendanges débutent.

Dans le vignoble, les vendanges en muscadet sont maintenant démarrées. Rencontre avec Jean-Jacques et Rémi Bonnet Huteau de La Chapelle Heulin qui présagent déjà un millésime de qualité.

Ambiance sereine, souriante et détendue ce mercredi matin dans les rangs des vignes de Jean-Jacques et Rémi Bonnet Huteau du Château La Tarcière à La Chapelle Heulin. En ce premier jour des vendanges en muscadet, ces vignerons sont rassurés : les conditions climatiques de ce début septembre compenseront, pour la qualité, les pluies du mois d’août. « Cet été a été angoissant. Nous ne voyions que la pluie tombée et les conséquences qu’elle entraîne. Heureusement, ces trois dernières semaines ont permis de sécher les raisins qui pouvaient être pourris sur certaines grappes. Résultat : même si nous perdons en quantité, nous ne perdrons pas en qualité. Je suis confiant et je pense que nous allons vers un très bon millésime. », prédit Jean-Jacques.

Un geste sûr

Ce matin-là, dans une partie de ses vignes de Chardonnay et de Melon de Bourgogne, implantées sur du micaschiste, une trentaine de vendangeurs sont prêts. Sécateur à la main, hotte sur le dos, c’est parti pour une dizaine de jours de récolte sur une quarantaine d’hectares et cinq cépages. « Nous vendangeons à la main et sur certains cépages de façon mécanique. Si le temps continue de cette façon, nous allons prendre notre temps, laisser le raisin gagner en maturité. »
Côté vendangeurs, l’atmosphère est conviviale. Le geste précis. Parmi ces habitués, des élèves du lycée agricole de Derval. « Nous sommes en partenariat avec cet établissement. Pour ces jeunes, c’est une véritable rencontre avec le monde agricole et le métier. Cela leur permet aussi de financer leur voyage de fin d’année. » Des élèves du lycée des métiers Nicolas Appert d’Orvault (hôtellerie et restauration) participent également aux vendanges et à la découverte de l’exploitation.

L’excitation de l’instant

Côté viticulteurs, le regard est posé. L’excitation est palpable. Rémi est dans les parcelles, Jean Jacques réceptionne des cuves dans la cave : « tout se met en place jusqu’au dernier moment ». Même leur père âgé de 82 ans est à leur côté, à affiner, peaufiner les détails. Chacun à son poste. « Le millésime 2014 est joué. L’enjeu est important. Le résultat fera notre réputation. » Une réputation qui s’est construite de génération en génération : arrière-grand-père, grand père, père. Après avoir été en agriculture raisonnée, les deux frères ont fait le choix de la conversion en agriculture biologique. « Ce choix a été profond et réfléchi entraînant entre autres l’arrêt total d’utilisation de produits chimiques en vigne. Aujourd’hui, nous travaillons avec des produits naturels et cela ne veut pas dire que nous traitons moins. Au contraire, nous sommes obligés de traiter plus souvent car les traitements sont lessivables. » Complétée aujourd’hui de la biodynamie, ce fut pour les viticulteurs une évolution « normale ». « La biodynamie est un soutien à l’agriculture biologique. » Dynamisation du sol via de la bouse de corne, recréation de la vie microbienne du sol, observation de la lune et des astres, intégration de plantes et d’huiles d’essentiel : « c’est tout à fait faisable. Pour moi, cela améliore la minéralité du vin et l’équilibre du sol. » Justement ce vin ? « Le muscadet est une pépite qui exprime un terroir unique. » Et quand pourrons-nous goûter ce vin d’exception ? Dès novembre, pour les premières gammes et il faudra attendre mars 2015 pour les premières mises en bouteille du muscadet sur Lie.

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