Un projet pour sensibiliser les viticulteurs à la biodiversité

Claudine Galbrun - Réussir Vigne Novembre 2011

Vigne enherbée. © J.-C. Gutner
Les efforts faits en faveur de la biodiversité peuvent être utilisés dans la communication.

Le projet Biodivine existe depuis deux ans. Son objectif est de démontrer que l’on peut combiner viticulture et biodiversité et ainsi convaincre les viticulteurs de changer leurs pratiques.Pour préserver l'environnement.

“L a viticulture n’est pas favorable à la biodiversité ”, indique Maarten van Helden. “ C’est une monoculture, constituée de plantes génétiquement identiques, plantées à des densités élevées, subissant de nombreux traitements quand il n’y a pas un travail du sol abusif. ” Pour démontrer qu’il est possible de combiner biodiversité et viticulture, s’est mis en place le projet européen Biodivine dans lequel sont impliqués, entre autres partenaires espagnols et portugais, l’Enitab et l’IFV en France. Le pays de Saint-Emilion, recouvrant 11 communes, s’est depuis 2009, engagé dans ce projet. Une première analyse du paysage a montré que sur les 8 000 hectares de vigne, 450 ha étaient au repos, qu’il y avait 1 400 ha de chemins et tournières et 800 ha de parcs et jardins. “ Cette analyse permet ainsi de cibler des zones aménageables dans lesquelles on peut favoriser la biodiversité en les ensemençant ou qui peuvent être partiellement plantées de haies. Donc l’argument selon lequel aucune surface ne serait disponible ne tient pas ”, estime Maarten van Helden. “ Mais les mentalités évoluent ”, reconnaît-il. D’ailleurs, nombre d’acteurs locaux ont choisi de s’impliquer dans le projet comme les chasseurs, la Ligue de protection des oiseaux, les communes, les conseils régional et général… “ Sauf qu’il faut être capable de faire en sorte que toutes ces structures se parlent. Or, s’il est possible de trouver de l’argent pour planter des haies, il est beaucoup plus difficile d’en obtenir pour financer un poste d’animateur. ”
Un indicateur de potentialité écologique
Il faut aussi communiquer. Pour ce faire et frapper les esprits, a été mis au point l’indicateur de potentialité écologique qui évalue la capacité actuelle d’une parcelle à accueillir de la biodiversité. “ Sur la commune de Saint-Emilion, seul 9 % du territoire a une potentialité élevée tandis que sur les appellations satellites de Puisseguin et Lussac-Saint-Emilion, les zones favorables recouvrent 22 % du territoire. ”, note Maarten van Helden. Et d’ajouter : “ Pour faire accepter la démarche, il faut respecter le paysage existant et distinguer les zones où des aménagements sont possibles. La biodiversité doit être un outil de communication positive. On fait quelque chose pour améliorer l’existant. Cela vaut mieux que d’être harcelé pour pollution. Un vigneron vend une image dans laquelle il peut associer la biodiversité qui devient alors fonctionnelle non pas pour lutter contre les ravageurs mais pour mieux vendre. Mais un effort collectif reste indispensable. ”

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