Une expérimentation destinée à évaluer les effets de la viticulture biologique sur la qualité des sols

Claudine Galbrun - Réussir Vigne Juin 2012

Une expérimentation destinée à évaluer les effets de la viticulture biologique sur la qualité des sols
La viticulture biologique ne favoriserait pas le développement des vers de terre. © M.-A. Carré

Selon les premiers résultats d’une étude, une amélioration nette de la qualité des sols conduites en agriculture biologique serait difficile à démontrer.

L’expérimentation, financée par Montpellier SupAgro et l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) visant à évaluer les effets à long terme de la viticulture biologique sur la qualité des sols a été menée par Patrice Coll de l’UMR Eco&Sols (Ecologie fonctionnelle et biogéochimie des Sols et des Agroécosystèmes), dans l’Aude sur un sol limono-argileux très calcaire. Vingt-quatre parcelles ont été analysées dont 10 conduites en conventionnel, 14 en agriculture biologique mais avec des dates de conversion différentes dont quatre converties en 2001, 5 en 1997 et 5 en 1991. Les premiers résultats enregistrés montrent une stabilisation de la teneur en phosphore après 17 ans de conversion même si celle-ci chute les sept premières années suivant la conversion (- 58 %). La teneur en potassium augmente (+ 81 %). La teneur en cuivre est en hausse, conséquence des traitements cupriques répétés et de l’adsorption du cuivre sur la matière organique et les particules d’argile. En revanche, la teneur en matière organique et la biomasse microbienne augmentent après 17 ans de conversion (respectivement + 32 et + 34 %). La conversion a entraîné des modifications dans la structure de la communauté des nématodes avec notamment une augmentation des nématodes phytophages (+ 187 %) et fongivores (+ 97 %). “ Pour autant, constate Patrice Coll, l’itinéraire cultural suivi en agriculture biologique n’a amélioré ni la longueur, ni la complexité de la chaîne trophique du sol, bien que l’abondance des microorganismes et des nématodes phytophages, bactérivores et fongivores soit plus importante ”.

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Patrice Coll, est ingénieur spécialisé en viticulture-œnologie et docteur en écologie des sols. Ces travaux de recherche ont été conduits en collaboration avec Edith Le Cadre et Cécile Villenave au sein de l’UMR Eco&Sols de Montpellier. (DR)

Un environnement peu propice aux vers de terre

Il a été aussi constaté que l’abondance d’une des catégories écologiques des vers de terre, celle des endogés,  était plus faible sur les parcelles conduites en bio (- 65 % en 17 ans). “ Il semblerait ainsi que le travail du sol plus fréquent et plus profond en viticulture biologique ait un effet négatif sur l’abondance et la biomasse des endogés. Les tendances à l’augmentation de la compaction et de la teneur en cuivre disponible ont certainement conduit à un environnement peu propice au développement des vers de terre. Dans cette zone pédoclimatique particulière et pour les types de pratiques culturales étudiées, il semble donc difficile de conclure sur un effet positif net de la viticulture biologique sur la qualité globale du sol. ”

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