Veille économique : La compétitivité de la France à surveiller

Claudine Galbrun

La France est toujours dans le trio de tête des pays les plus compétitifs mais est sérieusement menacée. Qu'ont donc les autres pays de plus qu'elle ? Une question à laquelle répond l'étude de veille économique de Viniflhor.

Viniflhor, en association avec Agrex Consulting assure depuis plusieurs années, une veille économique internationale sur les 15 pays qui représentent 80 % de la production mondiale. Cette étude consiste à analyser chaque année, six grands facteurs de compétitivité et à noter les différents protagonistes sur leurs performances dans ces différents domaines pour aboutir à une note finale sur une base de 1 000 points. Avec 597 points, la France est sur le podium mais derrière l'Italie (598 points) et l'Espagne, numéro un et ce pour la troisième année consécutive, obtenant la note de 604 points. L'Hexagone est directement talonnée par les États-Unis avec 574 points (mais ceux-ci en 2006 étaient seconds), le Chili (560 points) et l'Australie (546).

Un bon potentiel de production

Le premier facteur de compétitivité analysé est celui du potentiel viticole. Il se décortique en plusieurs paramètres, notamment le potentiel de production. Sur ce point, la France, sans surprise, est en tête, suivie de l'Italie et de l'Espagne. “ Mais les volumes dans ces trois pays ont tendance à se stabiliser voire à diminuer alors qu'ils sont en augmentation dans le Nouveau Monde ”, souligne Viniflhor. L'évolution est la même au niveau des surfaces. Même si la crise a quelque peu freiné les plantations notamment en Australie, il est fort probable qu'elles augmentent à nouveau à moyen terme.
Le rendement est aussi un élément essentiel de ce facteur de compétitivité. “ En Afrique du sud, le kilo de raisin revient à 16 centimes. En France, en vin de table, à 37 centimes et à 1,44 euro en AOC. La différence entre ces deux pays n'est pas si sensible au niveau des charges opérationnelles ou de la mécanisation mais le diviseur majeur reste le rendement qui atteint 15 tonnes/ha en Afrique du Sud et 10 tonnes/ha en France. Cette dernière n'atteindra jamais le prix de 16 centimes au kg, à cause du coût du foncier, de la main-d'oeuvre, de la protection sociale mais le cadenas principal reste le rendement maximal ”, indique Viniflhor. Au final, la France est en cinquième position.

La maîtrise de l'amont est déterminante

Deuxième facteur analysé : les conditions agro-climatiques. Sur ce plan, le Chili est particulièrement choyé et arrive en première position. La France étant quatrième. “ L'approvisionnement en eau sera dans les années qui viennent l'élément clé. ” Le troisième facteur étudié ou la capacité des opérateurs à conquérir le marché place la France en numéro 6. “ Sur ce point, la maîtrise de l'amont reste pour les grands opérateurs d'actualité. ” La présence de grands groupes capables de faire vivre des marques joue également fortement ainsi que la présence des produits sur tous les segments de prix. En matière d'organisation de la filière et de soutiens publics, quatrième facteur de compétitivité, la France est au premier rang. Ce que d'aucuns pourront déplorer ! Mais la chose est à méditer : le Nouveau Monde qui avait jusqu'ici rejeté l'idée d'une promotion collective à l'exportation s'y met.
Cinquième facteur : le portefeuille des marchés et l'équilibre des flux. Sachant que l'essentiel de la croissance provient des marchés d'exportation, celui qui arrive à les capter est forcément gagnant. La France, en ce domaine, se place en numéro 3 avec 17 % de parts de marché en volume. Mais le Nouveau Monde en détenait 20 % en 2000 et 28 % en 2006. Dernier facteur de compétitivité : l'influence de l'environnement macro-économique qui peut notamment se mesurer par le pouvoir d'achat. Les États-Unis, sur ce plan, se placent en première position, la France n'étant que quatrième.

Pièces jointes

Source Réussir Vigne Avril 2008

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