Vigne : les effets du réchauffement climatique sont déjà bien réels !

Sophie Caron

Vigne : les effets du réchauffement climatique sont déjà bien réels !
La Champagne a été la première région viticole à conduire un bilan carbone dès 2003 (DR)

De quelle façon le changement climatique affecte-t-il la vigne et le vin ? C’est à cette question que tentent depuis plusieurs années de répondre les spécialistes de la filière viti-vinicole pour anticiper et s’adapter aux modifications du climat. Car en matière de réchauffement, les effets sur le vignoble français sont déjà bien visibles.

Le changement climatique est désormais en cours et devient de plus en plus une contrainte supplémentaire, nécessitant une adaptation en viticulture, comme en œnologie.

Les impacts du climat sur la filière viti-vinicole sont en effet déjà bien réels : les observations ont déjà montré que les vendanges sont effectuées de plus en plus tôt et que la composition du raisin change, conduisant entre autre, à un degré alcoolique du vin plus élevé et à une diminution de l’acidité et de la capacité de vieillissement des vins. Des effets qui entrainent inévitablement des impacts sur la qualité de la récolte et la typicité des vins, notamment des effets millésimes marqués.

Les études scientifiques menées par le GIEC prouvent que le réchauffement climatique pourrait atteindre + 4°C d’ici la fin du siècle, si rien n’est fait. « Le réchauffement climatique aura plutôt un effet positif sur la vigne et le vin mais au-delà de 3 degrés, ça deviendra problématique » explique Joël Rochard, spécialiste climat à l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), à l’occasion d’une conférence au Sitévi.

Champagne : baisse de 75% de l’empreinte carbone à l'horizon 2050

Du côté de la filière champagne, on estime plutôt à deux degrés, le seuil-limite pour ne pas perdre la typicité du "roi des vins". La Champagne a d’ailleurs été la première région viticole à conduire un bilan carbone dès 2003 et revendique déjà une diminution de 15% des émissions de avec un objectif  de -75% de son empreinte carbone à l'horizon 2050.

Tout en reconnaissant certains bienfaits au réchauffement climatique sur les vins (vendanges précoces, maturité optimale des raisins, fréquence accrue de grands millésimes), le monde viticole soutient la conférence mondiale COP21, qui s'ouvre lundi à Paris-Le Bourget, afin de plaider pour une limitation de ces phénomènes.

Conduite de la vigne : maximiser la surface foliaire de la vigne

 Parallèlement, des pistes d’adaptation sont étudiées. Le déplacement géographique des vignes (vers le nord ou en altitude), la gestion de l’eau, la mise en place de nouveau mode de conduite qui visent par exemple à maximiser la surface foliaire pour protéger les grappes des températures trop élevées … Autant de pistes explorées par la profession.

De nouvelles variétés sont également à l’étude, notamment des variétés plus précoces qui seraient ainsi moins exposées aux pics de chaleur et moins gourmandes en eau.

Des études sont également réalisées pour mieux connaître les goûts de consommateurs. Les amateurs de vin ne vont-ils pas, tout simplement,  préférés ces « vins du réchauffement », qui seront plus proches de ceux produits actuellement dans l’hémisphère sud et des vendanges tardives élaborés par certains vignerons ?

 

 

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