Vin : La Chine s'éveille au blanc

Vin : La Chine s'éveille au blanc
ce sont surtout les femmes qui apprécient le vin blanc. (DR)

La Chine consomme en moyenne 300 millions de bouteilles de vin par an, essentiellement du rouge mais le vin blanc progresse rapidement grâce aux femmes, qui le plébiscitent.

"Tout le monde pensait que le blanc marcherait mieux que le rouge. Mais c'est faux, la Chine boit plus de rouge", constate Robert Beynat, directeur général du salon Vinexpo qui se tient du 29 au 31 mai à Hong Kong, plate-forme du vin en Asie. "Il y a tout de même des signes montrant que les femmes se mettent au blanc", ajoute-t-il.

Le vin rouge représente plus de 90% de la consommation de vin tranquille en Chine, contre 65% dans le monde.  La segmentation du marché est flagrante dans les magasins alimentaires de Hong Kong : les rayons de vins rouges sont richement achalandés, avec des gammes de prix très larges (de 5 euros à plusieurs centaines d'euros pour les grands crus) et des origines multiples. Les têtes de gondoles sont réservées au rouge.

Les rayons de vins blancs en revanche se réduisent souvent à quelques bouteilles d'Australie ou d'Afrique du Sud à moins de 5 euros, et une ou deux étiquettes françaises (Gewurztraminer, Sancerre) et allemandes à plus de 20 euros. "L'idée en Chine c'est que le vin doit être rouge. Il y a bien sûr un gros potentiel, il faut pour cela éduquer les palais, ça prend du temps", explique Georges Haushalter, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).

Entre 2011 et 2015 : 69% de croissance prévue en blanc

Les importations de blanc à Hong Kong ont augmenté de 39% au premier trimestre 2012 contre 14% pour l'ensemble du marché du vin. Et selon l'étude annuelle réalisée par le cabinet britannique ISWR pour Vinexpo, la croissance du marché du blanc entre 2011 et 2015 sera de 69%, contre 53% pour le rouge.

Philippe Garnier, gérant associé de Vins-Vignerons, agent pour grands châteaux de Bourgogne en Chine, rappelle que le succès du vin rouge est d'abord dû au "French paradox". Ce concept a été inventé par les médecins pour désigner le paradoxe apparent consistant pour les Français vivant dans les régions de bonne chère (alimentation grasse, vin) à être en meilleure santé que les autres.

Mais les Chinois consomment énormément de fruits de mer et de poissons, en particulier dans les grandes villes côtières (Shanghai, Hong Kong, Dalian, Tianjin) où résident les jeunes classes moyennes sur lesquelles reposent la croissance du marché et les futures habitudes de consommation.

Négociants, agents et producteurs mobilisent d'importants moyens afin d'éduquer les palais chinois. "Master class" (cours) d'oenologie et dégustations sont organisées à travers le pays.

Source afp

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