Viticulture durable : La permaculture à l'essai

Claudine Galbrun

André Durrmann, vigneron en Alsace, a découvert le concept de permaculture en s'interrogeant sur la fertilité de ses sols et sur l'évolution actuelle du climat.

“ Car l'homme est capable de fabriquer du désert alors j'ai voulu reproduire dans mes vignes ce qui se passe dans les forêts et qui donne naissance à l'humus. J'ai donc cherché à réceptionner toute l'énergie solaire et l'eau qui tombent sur la parcelle en installant différents niveaux de végétation pour recréer des structures complexes. Tout d'abord, j'ai laissé la prairie s'installer et conservé ou planté des arbres alentours : des noyers, des cerisiers avec lesquels on produit du kirsch, des robiniers propres à attirer les abeilles. Ce sont autant d'éléments qui favorisent la biodiversité. Avec ce dispositif, la gestion de l'eau est bien meilleure car la forte concurrence que génère ces arbres avec la vigne l'oblige à s'enraciner en profondeur.

Arbres et vigne en lyre

Grâce à la vigne en lyre, j'en arrive maintenant à laisser les arbres monter sur le rang. En fait, je n'ai rien inventé car je me souviens que dans mon enfance, il y avait des arbres dans les vignes. C'est l'arrivée du tracteur dans les rangs étroits qui a sonné le glas de cette tradition. Avec les rangs à 3,20 m de la vigne en lyre, la créativité paysanne peut s'exprimer. J'entrevois ainsi la possibilité de canaliser l'ensoleillement et garder toute la fraîcheur de mes vins. Il s'agit en fait de trouver le compromis entre mon activité, l'évolution climatique et l'environnement. André Durrmann a aussi introduit des moutons dans ses vignes pour le contrôle de la prairie. “ Là, j'ai quelques difficultés car j'ai grandi avec les machines et je connais mieux le fonctionnement d'un moteur diesel que celui des animaux ! J'ai encore bien des choses à apprendre. ” Mais André Durrmann en est sûr : “ la permaculture est pour la viticulture un axe de développement formidable car il correspond au discours que le client attend. Celui-ci vient au caveau pour entendre et goûter quelque chose d'extraordinaire. Il en va de l'image de marque de nos vignobles. C'est un concept productif mais qui sous-tend cette importante notion de durabilité. Cela me plait. Je veux être un agriculteur qui cultive la vie ”.

L'Association française de permaculture, en collaboration avec l'Université populaire de permaculture, dispense des cours et formation.
Pour en savoir plus : www. permaculture.fr

Source Réussir Vigne Décembre 2008

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