Viticulture durable : Une seconde vie promise aux cépages oubliés

Claudine Galbrun

L'IFV Midi-Pyrénées a mis en place un projet d'évaluation de cépages peu usités baptisé OTO (comme autochtones !). Une vingtaine de cépages parmi une soixantaine identifiés comme susceptibles d'être dignes d'intérêt à partir de critères basiques comme la mesure de la maturité, ont été vinifiés dans le cadre de ce projet OTO, mis en place par l'IFV Midi-Pyrénées. “ Certains de ces cépages vinifiés n'ont même pas de nom. Nous avons réuni de très nombreuses variétés en collection, mais peu d'entre elles ont fait l'objet de plantations en nombre suffisant pour les vinifier dans de bonnes conditions. Pour certains cépages, nous avons donc travaillé avec quelques partenaires qui avaient planté des petites surfaces, dans un objectif d'essai ou de démonstration ”, indique Olivier Yobrégat, coordonnateur de ce projet. Dans certains cas, il n'y avait à disposition que 15 souches !

La courtoisie et le négret de banhars sont deux cépages oubliés qui pourraient demain répondre à une demande de niches commerciales. (DR)

La courtoisie et le négret de banhars sont deux cépages oubliés qui pourraient demain répondre à une demande de niches commerciales. (DR)

Six cépages paraissent intéressants

Parmi les vingt cépages vinifiés, six paraissent particulièrement intéressants. Il s'agit du manseng noir, un cépage pyrénéen proche du tannat ; du durif qui connaît un certain succès aux États-Unis sous le nom de petite syrah ; de la courtoisie, cépage blanc très rare originaire des Pyrénées ; du maural, cépage aveyronnais expérimenté en rosé ; du négret pounjut, cépage frontonnais original présent en mélange dans les parcelles de négrette et connu pour lui apporter de l'acidité et enfin du morenoa, originaire du Pays basque. D'autres cépages comme le négret du chêne, le milgranet, le negret de banhars, le mouyssaguès, le fel, le chacolis et quatre autres cépages rouges sans nom ont été vinifiés. “ Derrière ces cépages, se cachent peut-être des variétés potentiellement valorisables demain ”, estime Olivier Yobrégat. Car un des objectifs du projet OTO est de pouvoir répondre à une demande de marché de niches commerciales en relation avec le terroir et l'histoire. OTO pourrait aussi permettre de répondre à des besoins technologiques. Certaines productions de vins de pays ou de marque réclamant en effet, des vins blancs riches en arômes primaires ou en précurseurs thiolés, d'autres des vins rouges fruités à tanins souples et à degré potentiel modéré à maturité. Il pourrait également permettre de déterminer des cépages adaptés au changement climatique.

Source Réussir Vigne Mars 2009

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