Viticulture: le Commissaire européen rassure Bordeaux, mais s'inquiète pour le Brexit

Viticulture: le Commissaire européen rassure Bordeaux, mais s'inquiète pour le Brexit

Le Commissaire européen à l'Agriculture PhilHogan s'est déclaré jeudi favorable à la poursuite du système de soutieneuropéen à la viticulture, une "réussite", à condition que les Etats membress'engagent à combler le trou budgétaire qui va être créé par le Brexit.

Le système spécifique de soutien dont bénéficie la viticulture européenne, qui octroie chaque année 280 millions d'euros à la France, a permis un "doublement des exportations de vin" européens, alors que l'UE n'a "pas augmenté ses importations", s'est félicité le Commissaire devant le 1er Congrès réunissant l'ensemble des acteurs de la profession viticole française, à Bordeaux. "La politique agricole commune maintiendra son soutien à tous les niveaux pour la viticulture française", au moins jusqu'en 2020, a-t-il ajouté, "car ce système est une réussite". Il a accepté certaines demandes techniques faites par la profession: en particulier, il s'est déclaré ouvert sur l'introduction dans les règlements européens de cépages hybrides résistants aux maladies dans les vignobles d'appellation AOC (ils sont interdits aujourd'hui, NDLR) afin de réduire les pesticides et faire face au réchauffement climatique.

M. Hogan, un Irlandais, a aussi accepté le principe d'une régulation plus stricte des autorisations de plantations dans les zones d'eau de vie, comme Cognac, qui n'en disposent pas, et risquent de se retrouver victimes de surproduction, tant le nombre de plantations nouvelles augmente rapidement.   Sur l'étiquetage, il a semblé sensible aux arguments de la profession qui souhaiterait maintenir l'étiquette des vins comme un pur objet de marketing, quitte à reléguer sur internet les informations nutritionnelles obligatoires.  

Gestion des risques

Sur la demande pressante de la profession d'abaisser à 20% le seuil de pertes nécessaire pour déclencher la couverture des assurances récoltes (au lieu de 30%, NDLR), il s'est seulement engagé à "étudier" le sujet. "Les outils de gestion des risques vont devoir être renforcés" dans le cadre de la prochaine politique agricole commune (PAC) d'après 2020, a-t-il admis, "mais il va falloir se battre, étant donné les contraintes budgétaires".   Il a notamment souligné que la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union créerait un trou de 12 milliards d'euros dans le budget. "Les Etats membres, dont la France, auront un rôle crucial à jouer pour combler" ces lacunes, a-t-il lancé.  

Dans la matinée, au cours d'un entretien avec l'AFP, M. Hogan avait souligné que la Commission a "besoin du soutien du gouvernement français pour trouver de nouvelles ressources", (...) "sinon, nous aurons de plus en plus de pression sur les budgets agricoles".   Détendu et visiblement heureux de sa visite de deux jours en Aquitaine, au cours de laquelle il a visité un centre de recherche européen de la viticulture, la nouvelle Cité du vin, et une exploitation de pommes de terre, le Commissaire s'est amusé au cours du déjeuner du faible nombre de revendications émanant des viticulteurs. "Vous allez tellement bien, vous avez très peu de demandes, cela dure beaucoup plus longtemps lorsque je rencontre des producteurs laitiers" a-t-il souri.

Source Avec AFP

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