Lait bio : Construire une filière durable, 5 intervenants témoignent

Le partage équitable de la valeur ajoutée entre les maillons de la filière est-il possible ? L'OP lait bio Seine et Loire en a fait son thème de table ronde à l'issue de son assemblée générale, en juillet dernier.

L'Organisation de producteurs (OP) lait bio Seine et Loire est une organisation de producteurs transversale représentant 453 exploitations livrant 155 millions de litres de lait de vache bio à 6 laiteries privées du Nord Ouest de la France : Lactalis, Triballat Noyal, Sill, Danone, Laiterie Saint père et Montsûrs. Elle développe des relations contractuelles avec les laiteries avec :

- une charte de production, qui est un engagement des éleveurs sur le pâturage (au moins 20 ares accessibles par vache, un minimum de 210 jours d'accès au pâturage par an, au moins 75 % d'herbe dans la SFP) et une alimentation du troupeau 100 % origine France hors minéraux ;

- une formule de prix du lait basée sur le même principe pour toutes les laiteries : 50% basé sur un prix de revient de référence et 50% basé sur un prix de marché.

Au cours de ces dernières années, trois moyens ont permis d'assoir des relations équilibrées et durables entre les éleveurs et les collecteurs transformateurs :

- l’accord cadre, fruit d’échanges entre l'OP et un collecteur transformateur, avec des engagements réciproques. Il a permis en 2020, d'obtenir un prix de base du lait allant de 467€ à 490 €/1000 l selon les laiteries et les régions concernées, pour un prix payé moyen par laiterie oscillant entre 490€ et 520€/1000 l en fonction des démarches de valorisation incluses dans l’accord-cadre : commerce équitable, contrat tripartite, cahier des charges renforcé…

- le contrat tripartite entre producteurs, transformateur et distributeur avec un engagement sur le retour au producteur. Les accords tripartites concernent les marques de distributeurs (MDD). Concernant l'OP Lait Bio Seine et Loire, seule la Laiterie Saint père (groupe Agromousquetaire et Intermarché) est actuellement engagée dans une relation tripartite.

- le label équitable. Danone est l'entreprise qui a le plus de recul sur cette labellisation, qui permet une meilleure rémunération des éleveurs et de capter un autre type de clientèle. Triballat Noyal s'y est lancé depuis mars 2021. 

Lors de la table ronde qui suivait l'assemblée générale de l'OP, cinq intervenants ont pu exposer leur expérience :

1 - Joris Lefort, co-président de l’OP Lait bio Seine et Loire et représentant de 52 exploitations bio collectées par la Laiterie Saint Père, a présenté l'accord cadre signé fin juin, avec la Laiterie Saint Père (Groupe Agromousquetaires). Et la démarche "tripartite" Les éleveurs vous disent Merci!.

Prix du lait réel moyen payé en 2020 pour les adhérents de l'OP (toutes laiteries et régions comprises) : 493 €/1000 litres.

2 - Arnaud Ménard, responsable filières et relations agricoles chez Triballat Noyal, a expliqué les engagements du label équitable et pourquoi la laiterie s'y est engagée.

3 - Mathieu Grenier, co-président de l'OP lait bio Seine et Loire et représentant de 50 exploitations laitières bio sous contrat avec Danone, a exposé ce qu'a permis l'équitable et la question que soulève la coexistence de deux contrats au sein de la même OP.  ARTICLE à venir.

4 - Fabien Choiseau, directeur France des approvisionnements lait chez Lactalis, évoque la difficulté de valoriser les produits laitiers bio à marque propre face aux marques de distributeurs.

5 - Myriam Jourdan, présidente de Biodis, un grossiste en distribution de produits biologiques, évoque un consommateur ayant beaucoup d'attentes mais arbitrant encore beaucoup sur le prix bas, et perdu au milieu des labels et des allégations.

Lors de cette table ronde, Thierry Benoît, député d’Ille et Vilaine, a aussi présenté les principaux points qui vont changer avec Egalim 2.