Revaloriser les prix pour en finir avec les « drames » et les « faillites »

Lise Monteillet

Revaloriser les prix pour en finir avec les « drames » et les « faillites »

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont rencontré aujourd’hui le Premier ministre, alors que le discours d’Emmanuel Macron est attendu par tous les acteurs le 11 octobre, à l’occasion des états généraux de l’alimentation.

Glypho et budget à l'ordre du jour

L’entrevue avec le Premier ministre a été l’occasion d’évoquer le sujet du glyphosate. « La science doit guider les décisions, et pas seulement la pression d’associations militantes », a rappelé Christiane Lambert, qui n’a reçu aucun élément nouveau sur ce sujet lors la rencontre avec Édouard Philippe. Jérémy Decerle a demandé « plus de cohérence » dans la politique gouvernementale. « On ne peut pas aller négocier avec des pays qui ne respectent pas les mêmes règles que nous, tout en imposant de nouvelles règles aux agriculteurs, qui sont encore sur la paille », insiste-t-il.

Le nouveau budget du ministère de l’Agriculture était aussi à l’ordre du jour. La FNSEA regrette que la mesure annoncée par Manuel Valls en 2016, qui prévoyait une baisse de 7 points au niveau des cotisations maladie, ait été remplacée par « une proposition extrêmement complexe et alambiquée ». De même, Christiane Lambert déplore que la création d’une épargne de précaution – une promesse du président Macron – ne soit toujours pas à l’ordre du jour.

« Notre souhait le plus fort est d’aboutir à des outils qui permettent une revalorisation des prix payés aux agriculteurs », a rappelé Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, à l’occasion d’une rencontre avec Édouard Philippe, à l’hôtel Matignon, aujourd’hui. Elle était notamment accompagnée par Jérémy Decerle, le président des Jeunes agriculteurs.

Les ateliers consacrés à la création et à la répartition de la valeur sont maintenant achevés. Tous les acteurs sont en attente du discours d’Emmanuel Macron, prévu le 11 octobre. Alors que plusieurs propositions sont sorties des réunions de concertation, des voix dissonantes se sont aussi fait entendre, comme Michel Édouard Leclerc ou l’UFC Que Choisir.  Ces derniers craignent une augmentation des prix pour le consommateur.

Un point de vue inacceptable pour la FNSEA.  Devant le Premier ministre, Christiane Lambert a détaillé les demandes de son syndicat : encadrer les promotions ; retoucher le seuil de vente à perte ; lutter contre les prix abusivement bas et prendre des sanctions en cas de disfonctionnement ; revoir les clauses de renégoociation quand les prix fluctuent ; pouvoir établir des contrats qui intègrent les coûts de production et revoir le droit de la concurrence européen, même si cette dernière mesure dépasse le débat national.

« M. Leclerc représente un ancien monde » 

La présidente de la FNSEA a réagi aux propos de Michel Édouard Leclerc, craignant que ces états généraux débouchent sur une hausse des prix pour le consommateur. « M. Leclerc est très bavard à l’extérieur des états généraux de l’alimentation mais ses représentants dans les ateliers ont été peu bavards, ce qui est très dommage », lance-t-elle.

« M. Leclerc représente un ancien monde, celui des prix toujours plus bas. Les consommateurs veulent autre chose, ils veulent de l'origine, de la qualité, de la proximité, ils veulent savoir qui produit et comment et ils veulent surtout redonner plus de centimes aux producteurs ». Elle enfonce le clou : « M. Leclerc doit comprendre cette aspiration et ne pas se présenter comme le chevalier blanc de la défense des consommateurs. Il défend surtout ses marges à lui et ses intérêts ».

La présidente de la FNSEA estime par ailleurs qu’il est « faux » de dire qu’une modification du seuil de revente à perte conduise à une augmentation de 15 %. Elle souhaite en finir avec le « jeu malsain » auquel jouerait selon elle M. Leclerc, qui conduirait à « écraser de la valeur ».

Christiane Lambert renvoie aussi les citoyens face à leur responsabilité concernant l’avenir de l’agriculture française : « passer la commande du haut de gamme, quand on est citoyen, et vouloir acheter moins cher, low cost, quand on est consommateur… Cela conduit à des drames et des faillites ». 

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Commentaires 11

beberino

du blabla tout ca! juste pour faire croire qu ils suivent une conduite et crédibiliser l autre vendu de chouette hulotte!!!

agrume856

ne livrons aucun produit pendant 15 jours ayons le courage créons la pénurie les centrales d achat les coop les distributeurs les HARD DISCOUNTER . si pendant 15 jours ils n ont pas de produits ils sont mort nous ont a l habitude de résister et on va etre payé a notre prix il suffit d avoir du courage

@sebastien

charlie hebdo ecriavait dans un edito que les agriculteurs etaient des communistes comme les autres pour de multiples raisons.... tu le confirmes avec une de plus , tu attends la revolte , la revolution , le grand soir ....et tu peux attendre ca n'arrivera jamais si ca avait du arriver ce serait deja arrivé

Sébastien

On attend quoi pour se révolter ???????????

1584

Au risque de me répéter mais les états généraux de l'alimentation n'aboutiront pas à grand chose; cela permet juste à nos gouvernants de se donner bonne conscience comme le grenelle de l'environnement en son temps

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