Négociations commerciales : « nous n’hésiterons pas à pratiquer le name and shame »

Lise Monteillet

Bruno Le Maire et Stéphane Travert.

Les ministres de l’Agriculture et de l’Économie ont réuni vendredi 2 février tous les transformateurs et les distributeurs, dans le cadre du suivi des négociations commerciales. L’objectif était de rappeler à l’ordre les acteurs qui ne respectent pas les règles.

« Nous n’hésiterons pas à pratiquer le name and shame » a lancé Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, à la sortie d’une après-midi de réunion avec les transformateurs et les distributeurs. Cette rencontre aura été l’occasion de rappeler « les bonnes pratiques » à toutes les entreprises qui participent actuellement aux négociations commerciales. Tout en les menaçant de divulguer le nom de celles qui ne respectent pas les règles. « Les producteurs doivent savoir qui joue le jeu et qui ne le joue pas », a insisté Stéphane Travert. Ce dernier a rappelé que tous les distributeurs se sont engagés, lors des États généraux de l'alimentation, à travers la signature d’une charte, à réaliser « des achats éthiques et responsables », afin de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail.

« L’ordre public économique sera respecté en France », a renchéri Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. « Il interdit les reventes à perte et le déréférencement des produits dans les rayons, qui sont des pratiques de menace et d’intimidation totalement inacceptables en France », a-t-il précisé. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a procédé à une soixantaine d’enquêtes. « Le résultat montre que, dans le cadre de certaines promotions agressives, les règles, notamment sur la revente à perte, n’auraient pas été respectées », a indiqué Bruno Le Maire. Celui-ci a annoncé la réalisation de procès-verbaux qui vont être transmis à la justice.

« Cette réunion a amené du positif, en attendant la loi », a réagi Serge Papin, le patron de Système U, à la sortie de la rencontre. Ce dernier avait présidé un atelier des États généraux de l'alimentation, à l'automne dernier. « Ce qui est très difficile, c’est la transition », a-t-il indiqué. Tout en ajoutant : « des promotions caricaturales, à mon avis, ça n’arrange rien ». Ce dernier fait ainsi référence aux opérations de promotion sur du Nutella ou des couches culottes qui ont récemment créé des émeutes en magasin. L’une des conclusions des États généraux de l’alimentation visait précisément à encadrer davantage les promotions...

Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), a donné une autre interprétation des négociations en cours. « La réalité est qu’il y a des demandes extrêmement fortes et très souvent non justifiées d’augmentation des tarifs par les fournisseurs, de l’ordre de 5 % en moyenne », a-t-il indiqué. Ces hausses sont jugées inacceptables par la grande distribution car elles ne correspondraient pas à l’augmentation du cours des matières premières.

« Nous recommencerons la semaine prochaine, nous réunirons de nouveau chacun des distributeurs et des transformateurs, de manière à continuer à avancer ensemble », a pour sa part prévenu Stéphane Travert. 

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Commentaires 5

Bruno 02

Le name shame , carrément ?
Ouh, ils doivent être terrifiés à l'idée de pareilles représailles...

pessimist

c'est vraiment le bal des faux c---- de la part du gouvernement, d'une part il veut légiférer pour que les prix à la production augmentent et d'autre part il nous sacrifie en ouvrant nos frontières à des produits qui ne respectent pas nos normes sociales et environnementales, ce qui provoquera la ruée des grandes surfaces vers ces produits.
Mais alors, qui achètera nos produits revalorisés?

1584

foutaise ; le name and shame ne serait qu'incitation à la violence et la justice condamnera qui ? les violents ou les incitateurs?

DIGUE3942

bon courage messieurs les ministres !!!

benoitm

5 cents d'euro de blé payé au paysan dans une baguette de pain vendu presque un euro, prix inférieur aux années 1980 vous trouvez cela normal.
de plus les solutions sans produit phytosanitaire augmente les coûts de production.
le paysan est la double victime. mais pourquoi la France ouvre ses frontières à des denrées alimentaires dont elle ne veut pas que les méthodes de production s'appliquent en France.
ça mène où à votre avis

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