A un an du Brexit rien n’est encore décidé

Le 29 mars 2019 est la date officielle de divorce entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Une période de transition entrera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2020. A ce jour, après 2 ans de négociations, rien n’est encore décidé.

Le seul élément quasi-certain des négociations en cours depuis 2 ans, c'est que le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne interviendra officiellement le 29 mars 2019. Pour le reste tout est encore en discussion. Au mois de juin 2016, les britanniques ont voté à 52% en faveur du Brexit. Deux ans plus tard et des négociations compliquées, la situation est toujours incertaine. « Ca ne sera pas un bouleversement instantané » précise François Thaury, expert chez Agritel puisqu'il y aura « cette période de transition qui vient d'être prolongée jusqu'au 31 décembre 2020 pour se donner davantage de temps. » Durant ces 21 mois, les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union européenne resteront inchangées. Le Royaume-Uni continuera de contribuer au budget européen et donc à la PAC mais il ne participera plus aux décisions de l'UE. « Les britanniques auront toujours accès au marché unique, les citoyens pourront toujours circuler librement etc. » précise l'expert. Cette période sera donc mise à profit pour « négocier tous les points de séparation dont le principal chantier reste les relations commerciales. »

Contribution 

A ce stade, un accord de libre-échange a sans doute la préférence des protagonistes, mais Bruxelles souhaiterait qu'il concerne le marché unique dans son ensemble et non pas des accords produit par produit. Cependant, des marchés comme celui du sucre montrent déjà la complexité des négociations. Le Royaume-Uni, déficitaire, achète aujourd'hui du sucre à ses partenaires actuels de l'UE, notamment à la France et observe les règles douanières européennes qui protègent le secteur betteravier. « Qu'en serait-il si après 2020, le Royaume-Uni décidait d'importer massivement du sucre roux du Brésil par exemple, pour le raffiner, couvrir ses besoins mais aussi le vendre dans l'UE dans le cadre d'un accord de libre-échange ? » s'interroge François Thaury. La possibilité pour le Royaume-Uni d'avoir accès au marché unique reste une possibilité mais il devrait sans doute en respecter toutes les règles comme aujourd'hui et sans doute s'acquitter d'une contribution au budget de l'UE...

Politique Agricole Commune (PAC) 

Pour rappel, le Royaume-Uni est contributeur net de la PAC. Le pays verse près de 7 milliards d'euros au titre du budget de la PAC et reçoivent en retour un peu plus de 3 milliards de subventions. En début d'année, Michael Gove, le ministre de l'agriculture du Royaume-Uni a précisé que post-Brexit, le gouvernement prendra à sa charge le versement des subventions aux agriculteurs pendant 5 ans. De quoi leur laisser un peu de temps pour préparer l'avenir.