Etats généraux : "dorénavant, les prix seront définis à partir des coûts de production" (Macron)

Emmanuel Macron a annoncé mercredi une loi pour rééquilibrer les contrats commerciaux entre agriculteurs et distributeurs, à condition qu'ils réorganisent leurs filières de production, dans un discours très attendu visant à augmenter le revenu des paysans en crise.

"Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production" a déclaré le chef de l'Etat à mi-parcours des Etats généraux de l'alimentation, à Rungis (Val-de-Marne).  L'ambition du président est de trouver les moyens de mettre un terme à la paupérisation de la profession agricole, tout en répondant à la forte nécessité de transformation du secteur pour répondre aux attentes sociétales et environnementales des Français. "Nous devons repenser collectivement une nouvelle France agricole" a lancé M. Macron aux agriculteurs, industriels, distributeurs et élus réunis sur le marché de gros de Rungis. 

Interrogé en fin de journée sur France Info, Jean-Philippe Girard, président de l'Association nationale des industries agro-alimentaires (ANIA), a valorisé la volonté du Président de la République de passer d'un "prix prédateur" à un "prix rémunérateur." Il a estimé par ailleurs que le consommateur ne sentirait pas ou peu la différence. Pour lui, il est question de "15 euros par ans par foyer."

François Bayrou, invité sur RMC jeudi matin, a salué la volonté d'Emmanuel Macron de "vouloir inverser la tendance" et a félicité "un projet de société."

 

Changer les modèles productifs

Le président a réaffirmé son engagement de campagne d'atteindre "50% de produits bio ou locaux d'ici 2022 en restauration collective", un objectif qui va permettre de modeler selon lui les schémas de production en France et relancer l'agriculture et l'agroalimentaire. "Vous devez vous organiser dans les territoires pour changer les modèles productifs", a-t-il dit.
Ce changement de paradigme passe par un "arrêt" de certaines productions qui ne correspondent plus au goût des consommateurs et ne s'inscrivent pas dans la concurrence internationale. Emmanuel Macron s'est engagé à clarifier le droit à la concurrence, les agriculteurs étant tétanisés par le risque d'être accusés d'entente commerciale comme c'est arrivé par exemple pour "le cartel des endives". 

Sur le glyphosate, il s'est engagé à ne pas laisser les agriculteurs sans "solution", mais a réaffirmé l'objectif de "transformer le modèle agricole dans lequel nous nous sommes enferrés" qui "n'est pas durable".